“La guerre des Gaules” Livre VII

Le contexte.

L’Arverne Vercingétorix voulait chasser les Romains de la gaule. Sa première action est sans gloire.  A Cenabum, (Orléans) Vercingétorix massacre des commerçants romains sans défense ainsi que leurs familles. Rome va réagir.

Qu’est-ce que César est venu faire en Auvergne ?

             Année -53 : César entre en Gaule pour matter la rébellion et venger les commerçants Romains massacrés par Vercingétorix. Après avoir sécurisé la région de Narbonne, César monte au nord chez les Helviens (Vivarais). Il change de cap vers l’ouest et va traverser les Cévennes pour déboucher chez les Arvernes. (Velay)

Il écrit.

Ch. 8 : Après avoir pris ces dispositions, comme déjà Luctérios arrêtait son mouvement et même reculait, parce qu’il trouvait dangereux de s’aventurer au milieu de nos détachements, César part chez les Helviens. Les Cévennes, qui forment barrière entre les Helviens et les Arvernes, étaient en cette saison, à l’époque la plus rude de l’année, couvertes d’une neige très haute qui interdisait le passage. Néanmoins, les soldats fendent et écartent la neige sur une profondeur de six pieds et, le chemin ainsi frayé au prix des plus grandes fatigues pour les hommes. On débouche dans le pays des Arvernes.

            César a fait traverser les Cévennes à ses troupes en plein hiver par un col où il a dû faire dégager des routes ensevelies sous des congères d’un mètre-quatre-vingt pour déboucher chez les Arvernes. 

Le projet de César.        

            César veut mener une guerre en Gaule. Il doit regrouper toutes ses légions cantonnées dans le nord. Dans deux des chapitres précédant sa traversé des Cévennes, César explique par deux fois son projet et le problème qu’il va rencontrer. Il parle de la sécurité de ses hommes pendant leurs mouvements.

Ch. 1 : // « La première chose, disent les Gaulois, à laquelle on doit aviser, c’est de couper César de son armée avant que leurs projets clandestins ne soient divulgués. C’est chose facile, car les légions n’osent pas, en l’absence du chef, sortir de leurs quartiers d’hiver et, de son côté, le chef, sans escorte, ne peut rejoindre ses légions.

            Ch. 6 : // Comment parviendrait-il à rejoindre son armée ? Si, en effet, il appelait les légions dans la Province, il voyait qu’elles devraient en chemin livrer bataille sans lui. S’il allait vers elles, il se rendait compte que, dans les circonstances présentes, il ne pouvait sans imprudence confier sa vie à ceux-ci, même s’ils paraissaient tranquilles.

            Pendant le regroupement de ses légions les Romains deviennent vulnérables alors qu’ils ne risquent rien dans leurs camps d’hiver. En effet, les Gaulois de Vercingétorix risquent, pendant ces déplacements, de les harceler en permanence et de poser à César des pertes militaires significatives.

 

La solution.

             Il faut bloquer Vercingétorix dans un lieu éloigné du point de ralliement des légions de César. Le proconsul a choisi de se montrer dans les Cévennes pour y attirer les Gaulois. Alors, César fait une incursion surprise chez les Arvernes sur l’arrière des Cévennes. Il va afficher sa présence pendant deux jours. Pour se faire bien remarquer, il va faire massacrer la population par sa cavalerie autour d’un camp de base qu’il va laisser aux mains de Brutus. Sous prétexte d’aller chercher des renforts, César se rend à Vienne et : annonce son retour d’ici trois jours.

La ruse.

Ch. 9 : Mais César ne resta que deux jours sur place. Il avait prévu que Vercingétorix agirait effectivement de la sorte. Sous prétexte d’aller chercher du renfort et de la cavalerie, il quitte l’armée, laissant le commandement des troupes au jeune Brutus. Il lui recommande de faire des incursions de cavalerie de tous côtés, et de les pousser le plus loin possible. Quant à lui, il tâchera de n’être pas absent plus de trois jours. Les choses ainsi réglées, il se dirige à marches forcées vers Vienne, au grand étonnement de son escorte.

            Si César avait réellement eu l’intention de rester sur place, il aurait envoyé une ambassade à Vienne au lieu de prendre le risque d’y aller en personne. L’annonce de son proche retour vers Brutus est manifestement une ruse pour que, en cas de fuite d’informations par les guides Helviens, Vercingétorix reste persuadé que César est encore dans le Velay ou qu’il va y revenir.

La réaction de Vercingétorix.

Ch. 8 : Rapidement, par la rumeur publique, par des messagers, Vercingétorix apprend ce qui se passe. Tous les Arvernes, au comble de l’émotion, l’entourent, le pressent qu’il pense à défendre leurs biens, qu’il ne laisse pas l’ennemi les piller entièrement, surtout quand – il le voyait bien – tout le poids de la guerre était pour eux. Cédant à leurs prières, il lève le camp et quitte le pays des Bituriges pour se rendre chez les Arvernes. 

            Vercingétorix était à Avaricum (Bourges). Il a vite été prévenu de la situation dramatique proche des Cévennes. Il regroupe son armé et vole au secours de ses compatriotes Arvernes du Velay.

L’action de César.

            Quant à lui, il tâchera de n’être pas absent plus de trois jours. Les choses ainsi réglées, il se dirige à marches forcées vers Vienne, au grand étonnement de son escorte. Il y trouve de la cavalerie fraîche, qu’il y avait envoyé auparavant, et, ne cessant de marcher ni jour ni nuit, se dirige, à travers le pays des Héduens (entre la Saône et la Loire), vers celui des Lingons (Langres), où deux légions hivernaient : il voulait, au cas où les Héduens iraient jusqu’à tramer quelque plan contre sa vie, en prévenir, par sa rapidité, l’exécution. Une fois arrivé, il envoie des ordres aux autres légions et les concentre toutes sur un seul point avant que les Arvernes aient pu apprendre qu’il était là. 

            Arrivé à Vienne, il va foncer chez les Lingons (région de Langres) pour y rassembler en toute sécurité ses légions. Son plan va marcher, Brutus va retenir le Gaulois aussi longtemps que nécessaire.

            Est-ce que le départ de Brutus fut consécutif à une vraie victoire gauloise ? Rien n’est moins sûr. En effet, sa mission était de fixer Vercingétorix dans ce recoin d’Auvergne tandis que César regroupait dans le calme, douze légions chez les Lingons.

L’action de Brutus.

             Est-ce que le temps de la mission de Brutus fut planifié ? C’est très probable, car César a eu besoin de toutes ses troupes pour entreprendre « sa » guerre de conquête. Un départ programmé des Cévennes, du « Jeune Brutus », est logique : il était là pour mener une guérilla, c’est à dire des actions de harcèlement, d’embuscades et de coups de mains. Dès lors, mission accomplie. Vercingétorix jugera ce départ des romains comme une victoire gauloise. En tout cas, c’est la version qui nous est arrivée au XXème siècle par l’intermédiaire de Paul Ronin, on ne saurait trop l’en remercier.

            Que ce soit une victoire Gauloise ou un abandon du champ de bataille par Brutus, Vercingétorix remonte en vainqueur à Avaricum pour annoncer sa brillante prestation contre Rome. Cette annonce de victoire confirme sa position de leader auprès de l’alliance des peuples de la Gaule.

Notez bien que :

JAMAIS César – c’est très important de le noter- n’a parlé d’attaquer Gergovie au moment de cette incursion Cévenole.

– Ces évènements se sont déroulés à une journée de Vienne. Je ne comprends pas pourquoi est-ce que de nombreux historiens de renom veulent à tout prix que cette traversée des Cévennes se passe dans la région du Puy-en-Velay. Est-ce que ce ne serait pas pour valider un improbable Gergovie près de Clermont-Ferrand ? En effet, Le Puy en Velay est sur la route la plus directe entre la vallée du Rhône et Clermont-Ferrand.

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