Deux Éduens vont changer le cours de l’histoire.

Eporédorix et Viridomaros vont prévenir César du retournement des Éduens contre lui. Sans cette information cruciale, César, qui les considérait comme amis, aurait pu les introduire dans ou à proximité de son camp avec les frères de Litaviccos. Les 6 légions auraient été encerclées, d’un côté, par les Gaulois de l’oppidum,de l’autre, par 10 000 combattants éduens. Une attaque ordonnée des forces gauloises aurait été désastreuse pour les Romains, au point que la conquête de la Gaule se serait, peut-être, arrêtée dès Gergovie.

 Chapitre 40 : L’arrivée d’Eporédorix et de Viridomaros chez les Romains n’est pas passée inaperçue. Dès l’arrivée des traitres, les frères de Litavicos se sont enfuis et ont, sans doute, rejoint Vercingétorix sur l’oppidum de Gergovie. Le plan des Éduens tombe à l’eau. Au courant de cette trahison, César organise la réplique. Deux légions défendront le camp sous les ordres de Fabius. César et les quatre autres légions se porteront à la rencontre de Litavicos et de ses troupes éduennes.

Chapitre 41 : César envoie aussitôt des messagers chez les Éduens pour expliquer la désertion des frères de Litavicos. Pendant ce temps, sa cavalerie rencontre les premières troupes de cavaliers éduens, 25 000 pas plus loin. Eporédorix et Viridomaros vont se montrer et expliquer la trahison de Litavicos aux Eduens. Ceux-ci vont se rendre aux Romains tandis qu’une autre partie des troupes va suivre Litavicos à Gergovie. César ne précise pas le nombre d’Éduens qui se sont ralliés à lui. Après un court repos de trois heures les légionnaires regagnent le grand camp en marche forcée. Ils doivent arriver avant l’aube pour soutenir Fabius qui a été attaqué par de fortes troupes gauloises.

La guerre des Gaules livre VII chapitre 40. 

Cette nouvelle affecta vivement César, car il avait toujours eu pour les Héduens des bontés particulières ; sans hésiter, il fait sortir du camp quatre légions sans bagages et toute la cavalerie ; et on n’eut pas le temps, dans des conjonctures si pressantes, de resserrer le camp, car le succès dépendait de Ia rapidité ; il laisse son légat Laïus Fabius avec deux légions pour la garde du camp. Ayant ordonné qu’on se saisît des frères de Litaviccos, il apprend qu’ils viennent de s’enfuir chez l’ennemi. Il exhorte ses soldats à ne pas se rebuter d’une marche pénible que la nécessité impose ; tous le suivent avec ardeur, et après avoir parcouru vingt-cinq milles, il aperçoit les Héduens ; il lance sa cavalerie, les arrête, les empêche d’avancer, mais fait défense générale de tuer personne. Il ordonne à Eporédorix et à Viridomaros, que les Héduens croyaient morts, de se mêler aux cavaliers et d’appeler leurs compatriotes. On les reconnaît, on découvre l’imposture de Litaviccos ; alors les Héduens tendent les mains, font signe qu’ils se rendent et, jetant leurs armes, demandent grâce. Litaviccos se réfugie à Gergovie, accompagné de ses clients, car, selon la coutume des Gaulois, il est impie, même si la situation est sans issue, d’abandonner son patron. 

La guerre des Gaules livre VII chapitre 41. 

César envoya des messagers chez les Héduens pour leur faire savoir que sa bonté avait laissé la vie à des hommes que le droit de la guerre lui eût permis de faire périr ; puis, ayant fait reposer son armée pendant trois heures de nuit, il se mit en route pour Gergovie. Il était à peu près à mi-chemin quand des cavaliers dépêchés par Fabius lui font connaître quel danger le camp a couru. « Des forces considérables ont donné l’assaut ; une relève fréquente remplaçait les troupes fatiguées par des troupes fraîches, tandis que les nôtres étaient obligés à un effort ininterrompu et épuisant car, en raison de l’étendue du camp, les mêmes devaient demeurer sans cesse au retranchement. Une grêle de flèches et de traits de toutes sortes en avait blessé un grand nombre ; pour résister à cette attaque, notre artillerie avait été d’un grand secours. Fabius profitait de leur départ pour boucher les portes du camp, sauf deux, garnir la palissade de mantelets, et se préparer à pareil assaut pour le lendemain. » A cette nouvelle, César hâta sa marche, et grâce à l’ardeur extrême des soldats, parvint au camp avant le lever du soleil.

L’oppidum d’Essumin

 Essumain: Oppidum à la frontière Nord entre les Arvernes du Velay et les  Eduens au Sud de la plaine des Ségusiaves.

Essumin est le nom d’un village sur un plateau isolé de la rive droite de la Loire. Il est à l’extrémité Nord Est des montagnes du Velay au Sud de la plaine des Ségusiaves qu’il domine. L’oppidum d’Essalois sur la rive gauche est 1km en aval. Essumain n’est pas répertorié officiellement en tant qu’oppidum pourtant avec ses 250ha bordés de pentes abruptes, il en a toutes les caractéristiques. Il est bien plus grand que son voisin l’oppidum d’Essalois qui ne mesure que 6,5ha. Aissumin a un système défensif naturel très efficace. En effet, il est entouré de hautes falaises sur tout son périphérique. Un seul point d’accès carrossable c’est le “Barrasson”. À St Maurice de Lignon (Gergovie) c’est au lieu dit “Le Barri” où l’on accède facilement sur l’oppidum.

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