GERGOVIE À ST MAURICE DE LIGNON

Le Velay est bien chez les Arvernes.

 

 

 Une étude de la R.a.c.f  sur  les sanctuaires des Arvernes à l’époque de Jules César nous a surpris. En page 5 on y apprend que seule, une petite partie du Velay serait située en Auvergne.  

D’après cette publication, ce territoire de la haute Loire était partagé en trois parties : Arvernes,  Gabales et  Vellaves.

 

Un tel découpage ethnique ne parait guère conforme au texte du principal acteur et témoin de cette époque : “Jules César” dans son rapport de “La guerre des Gaules”.livre VII

Livre VII chapitre 7:   « Les Helviens touchent aux Arvernes » 

Cependant Luctérios le Cadurque, qui avait été envoyé chez les Rutènes, les gagne aux Arvernes. Il pousse chez les Nitiobroges et chez les Gabales, reçoit de chaque peuple des otages, et, ayant réuni une forte troupe, entreprend d’envahir la Province, en direction de Narbonne. A cette nouvelle, César pensa qu’il devait, de préférence à tout autre plan, partir pour Narbonne. Il arrive, il rassure les courages ébranlés, place des détachements chez les Rutènes de la province, chez les Volques Arécomiques, chez les Tolosates et autour de Narbonne, toutes régions qui confinaient au territoire ennemi ; il ordonne qu’une partie des troupes de la province et les renforts qu’il a amenés d’Italie se concentrent chez les Helviensqui touchent aux Arvernes.

 

Livre VII chapitre 8:    « Les Cévennes sont une barrière entre Helviens et Arvernes »

Après avoir pris ces dispositions, comme déjà Luctérios arrêtait son mouvement et même reculait, parce qu’il trouvait dangereux de s’aventurer au milieu de nos détachements, César part chez les Helviens. Les Cévennes, qui forment barrière entre les Helviens et les Arvernes, étaient en cette saison, à l’époque la plus rude de l’année, couvertes d’une neige très haute qui interdisait le passage, néanmoins, les soldats fendent et écartent la neige sur une profondeur de six pieds, et, le chemin ainsi frayé au prix des plus grandes fatigues pour les hommes, on débouche dans le pays des Arvernes.

Eh bien oui, les Helviens, c’est à dire les Ardéchois touchent aux Arvernes d’après Jules César ! C’est clairement défini. D’ailleurs, dans sa géographie, Strabon confirme cette localisation du Velay totalement incluse chez les Arvernes.  César et Strabon, révisionistes ou pas ? 😂

Donc, gardons  les textes originaux et vérifions sur Géoportail si la toponymie de ce secteur leur est conforme.

 

Sur la carte Géoportail ci dessous, les icones vert correspondent aux toponymes vellaves, les noirs aux arvernes.  

Toponymes « Arvernes »

icones noirs 

 A l’est, on trouve des toponymes “Arvernes” jusqu’à la limite des “Helviens”. Il y a même un couloir, dans un axe S/O –  N/E, qui semble limiter la partie nord de ce peuple. Il semblerait que les bassins versants des rivières de la “Dunière” et de la “Déome” soient, à cette époque, arverne et vellave . La Déome (prolongée par la Deume) conflue avec la rivière “Cance”, affluent du Rhône. Des toponymes “Arvernes” se retrouvent encore sur le sud des bassins versants de ces rivières.

 L’oppidum d’Essumain, au nord d’Unieux, domine la sortie des montagnes du fleuve Loire.  A l’ouest de Montrond-les-Bains, un petit village du nom de “Lavergnat” pourrait être la limite Nord de ce territoire. La ville de Feurs, chez les Segusiaves, est au nord de Montrond-les-Bains.

Toponymes « Velay »

icones en vert 

Tous ces toponymes du Velay sont inclus à l’intérieur de ceux des Arvernes. Ils sont : Arsac-en-Velay, Saint Didier-en-Velay et Montfaucon-en-Velay. Dans l’axe des vallées de la Dunière et de la Déome, aux confins du Rhône, on trouve un dernier toponyme “Velay” désignant un petit hameau qui domine le Rhône. Le village voisin, “Suisse”,  porte bizarrement le même nom qu’une rivière trés connue du Velay : “La Suissesse” . Un dernier toponyme “Velay” se trouve légèrement au sud-ouest de la Louvesc. Il domine le pays des “Helviens”, tard-venus en ces contrées, et semble marquer la limite ouest du Velay.

Les Helviens touchent aux Arvernes.

Jules César livre VII ch : 7

Un petit village près de Montrond-les-Bains se nomme Lavergnat. (☀️ 1)

Un village près de Saint-Just-sur-Loire se nomme Avernay. (☀️ 2)

Saint-Jacques-d’Aticieux et Eteize (Atesuii). C’est un petit peuple de la Gaule très peu connu qui semble inclus chez les Vellaves donc chez les Arvernes. (☀️ 3)

Saint-Didier-en-Velay. (☀️ 4)

Montfaucon-en-Velay. (☀️ 5)

Le bois du Velay près de la Louvesc. (☀️ 6)

Village d’Arsac-en-Velay près du Puy-en-Velay. (☀️ 7)

Le-puy-en-Velay est un toponyme plus tardif que l’époque qui nous concerne.

Chaque icone (☀️X) ouvre une petite carte du lieu concerné

“Suisse” est un hameau  près du village “Le Velay” sur le bord du Rhône. Ce toponyme rappel le nom d’une rivière du Velay “La Suissesse” . (☀️ 8)

“Le Vellay” est un village qui surplombe le Rhône au dessus d’Arcoule. (☀️ 9)

La Galléliaure est le début de la route vers St-Bonnet-le-Froid. D’ici, on quitte le pays des Helviens, ami des romains pour rentrer dans la Gaule des Arvernes (☀️ 10)

Sur la rivère Canse un village “L’Auvergnat”est au départ d’un chemin “Chemin de L’Auvergnas”  . (☀️ 11)

L’Avernée est un hameau au bord de la Cance. Un chemin en direction de la Louvesc se nomme le chemin de Lavernée . (☀️ 12)

Sur le bassin versant sud de la canse, un bois se nomme “Auvergnas”. Il est près de l’ oppidum du col des signolles qui semble séparer Arvernes et Helviens . (☀️ 13)

Un ruisseau au nord de Privas se nomme Lavergnas (☀️ 14)

En conclusion, on ne peut que constater que les toponymes “Arvernes” vont jusqu’aux limites du territoire helvien. Se trouve ainsi confirmé ce qu’a écrit César dans “la guerre des Gaules” : Les Helviens touchent aux Arvernes.

Les toponymes du Velay sont inclus dans ce territoire arverne, ce qui contredit les affirmations du document de la R.a.c.f, qui ne voit que la partie ouest du Velay chez les Arvernes.

 

Le Velay est totalement arverne.

Il est surprenant que des érudits, dont les travaux sont par ailleurs remarquable,  puissent, sans aucune raion, s’éloigner autant des textes latins, dans lesquels convergent toutes nos découvertes en leur état  actuel.

 

Au nord est du Velay:

Les Atheux.

 

Depuis un article de P.B.-Teyssier (cf.  p. 45 du Bulletin n° 24 – 2020 – du groupe archéologique Forez-Jarez : Pilat-Jarez jadis “pré carré” des Atesui – Ovates d’Esus ?).

On découvre, dans un texte (Histoires Naturelles IV, 107) de Pline l’Ancien ( 23  / 79 ap.-J.C.), une ethnie gauloise que l’on situe dans le “pagus” de Jarez  et le massif du Pilat : Les Atesui ou Etusiates. On peut le découvrir dans  rapport de M. Roget de Belloguet sur les ouvrages présentés par M. Jolibois. Auguste Callet, dans sa “Légende des Gagats” (1866) accorde, lui aussi, beaucoup de crédit et une large place à ces mêmes Atesui..

La toponymie se rapportant aux Atesui / Atheux semble localisée entre le Nord du Velay et les Ségusiaves pour ses limites Nord / Sud puis entre Rhône et Loire pour ses limites Est / Ouest. Ce petit pagus des Atesui pourrait être client des Bellovaques comme les Vellaves sont clients des Arvernes.

D’autres indices apparaissent également de leurs liens étroits avec les Allobroges. Mais, on n’ignore pas que bien avant César et la Guerre des Gaules, un pacte entre Arvernes et Allobroges avait été scellé entre ces deux grands peuples celtes. Comment l’échec, en  août 121 av.-J.C.,  de leur coalition contre Rome – son général Q. Fabius Maximus -, à la bataille dite du Confluent (jonction du Rhône avec l’Isère), aurait-il pu ne pas affecter les Atesui eux-mêmes ?

Chaque icone (☀️X) ouvre une carte ou un document du lieu concerné

“Les Atheux”, un petit village près de Saint-Héand (☀️ 1)

Les Atheux près de Givors rien sur Géoportail mais un texte ancien parle de cette ethnie dans ce secteur. (☀️ 2)

Les Atheux près de Givors carte (☀️ 2)

Saint-Romain-Les-Atheux. Un village au sud du massif du Pilat près d’un hameau “Les Atheux” (☀️ 3)

Saint-Jacques-d’Atticieux et Eteize, deux villages sur la frontière sud /est de ce secteur. (☀️ 4)

Co-rédigé par

Baptiste.Granjon et

 Pierre-Bernard Teyssier

Print Friendly, PDF & Email