Livre VII : chapitre 4.

chapitre 5 ⇒

Vercingetorix entre en scène.

(- 53 AV J-C)

Traduction : L.-A. Constans, 1926 :  “La guerre des Gaules” 

4. L’exemple y fut suivi: Vercingétorix, fils de Celtillos, Arverne, jeune homme qui était parmi les plus puissants du pays, dont le père avait eu l’empire de la Gaule et avait été tué par ses compatriotes parce qu’il aspirait à la royautés, convoqua ses clients et n’eut pas de peine à les enflammer. Quand on connaît son dessein, on court aux armes. Gobannitio, son oncle, et les autres chefs, qui n’étaient pas d’avis de tenter la chance de cette entreprise, l’empêchent d’agir ; on le chasse de la ville forte de Gergovie. Pourtant, il ne renonce point, et il enrôle dans la campagne des miséreux et des gens sans aveu. Après avoir réuni cette troupe, il convertit à sa cause tous ceux de ses compatriotes qu’il rencontre ; il les exhorte à prendre les armes pour la liberté de la Gaule; il rassemble de grandes forces et chasse ses adversaires qui, peu de jours auparavant, l’avaient chassé lui- même. Ses partisans le proclament roi. Il envoie des ambassades à tous les peuples : il les supplie de rester fidèles à la parole jurée. Il ne lui faut pas longtemps pour avoir à ses côtés les Sénons, les Parisii, les Pictons, les Cadurques, les Turons, les Aulerques, les Lémovices, les Andes et tous les autres peuples qui touchent à l’océan (voir carte). A l’unanimité, on lui confère le commandement suprême. Investi de ces pouvoirs, il exige de tous ces peuples des otages, il ordonne qu’un nombre déterminé de soldats lui soit amené sans délai, il fixe quelle quantité d’armes chaque cité doit fabriquer, et avant quelle date ; il donne un soin particulier à la cavalerie. A la plus grande activité il joint une sévérité extrême dans l’exercice du commandement ; la rigueur des châtiments rallie ceux qui hésitent. Pour une faute grave, c’est la mort par le feu et par toutes sortes de supplices ; pour une faute légère, il fait couper les oreilles au coupable ou lui crever un œil, et il le renvoie chez lui, afin qu’il serve d’exemple et que la sévérité du châtiment subi frappe les autres de terreur.

Ce qu’il faut retenir dans ce chapitre N°4.

         Celtillos, le chef Arverne avait forcément participé à la conspiration des Carnutes. Il était « vergobret » c’est-à-dire : un personnage de la société celtique qui possédait la magistrature suprême dans de nombreuses cités gauloises pour une durée limitée dans le temps. Cependant, il voulait devenir roi de toute la Gaule. Pour ce motif illégal chez les Gaulois Celtillos a été exécuté par son peuple. Son fils, Vercingétorix veut reprendre le flambeau de son père mais son oncle, Gobannitio, devenu chef à la place de Celtillos le chasse de Gergovie. Gobannitio ne voulait pas s’opposer à Rome. Vercingétorix lève alors une armée contre Gobannitio qui, à son tour, est expulsé de Gergovie. Vercingétorix se fait proclamer roi (rix).

         Vercingétorix réuni un grand nombre de peuples de la Gaule. Les mêmes qui avaient participés à la réunion des Carnutes ont dû être sollicités. Il exige des otages de leur part, il leur commande des armes et fixe un barème sévère de châtiments pour ceux qui ne respecteraient pas le contrat passé.

         Vercingétorix ne semble pas faire l’unanimité dans tous les peuples de la Gaule. En effet, les puissants peuples Eduens (Bourgogne, Forez, Cher …) resteront fidèles à Rome. Ils ont une dette d’honneur envers Rome qui a libéré les Eduens des envahisseurs Helvètes et Boïens quelques années auparavant.

Origine de l’alliance entre Rome et les Eduens.

         Il faut revenir au livre I de la guerre des gaules pour connaitre l’origine de l’alliance indéfectible entre Rome et les Eduens. Ces derniers ont une dette d’honneur envers César qui quelques années auparavant a chassé les Helvètes qui s’étaient installés chez les Eduens.

  1. Livre I ;11 : Les Helvètes avaient déjà franchi les défiles et traversé le pays des Séquanes ; ils étaient parvenus chez les Héduens, et ravageaient leurs terres. Ceux-ci, ne pouvant se défendre ni protéger leurs biens, envoient une ambassade à César pour lui demander secours : « Ils s’étaient, de tout temps, assez bien conduits envers le peuple romain pour ne pas mériter que presque sous les yeux de notre armée leurs champs fussent dévastés, leurs enfants emmenés en esclavage, leurs villes prises d’assaut //
  2. Livre I ;31 : // « L’ensemble de la Gaule était divisé en deux factions : l’une avait à sa tête les Héduens, l’autre les Arvernes. Depuis de longues années, ils luttaient âprement pour l’hégémonie //

Carte des tribus de la Gaule mobilisées par Vercingétorix.

NB : Retenir que : Les Bituriges (Bourges) sont des Eduens et que ce peuple à l’Ouest de la partie Nord de la Loire (Liger) est allié de Rome. Ils ne sont donc pas dans cette liste. Les Aulerques Brannovices ne nous sont connus que par une mention de Jules César, dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, où ils apparaissent aux côtés des Ségusiaves, Ambivarètes et Blannovii, comme « vassaux » de leurs voisins éduens.

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