Dans les chapitres ci dessous, César va remonter le cours d’un fleuve qu’il nomme  le LAUER pour aller à Gergovie. Vercingétorix va le précéder sur la rive gauche et détruire les ponts pour bloquer César sur la rive droite.

Petit rappel: A Avaricum Vercingétorix a renforcé sa notoriété parce que ses alliés Bituriges ne l’ont pas écoutés quand il leur demandait de bruler les villes et la campagnes pour affamer les 10 légions Romaines. Suivre son conseil aurait évité d’énormes pertes humaines.

Vercingétorix précède César sur la route de Gergovie. Pourquoi est ce qu’il ne pratique pas la politique de la terre brulée  devant l’avancée des Romains ?

– Si Gergovie est à St Maurice de Lignon, tout s’explique. C’est parce que sa route vers gergovie est uniquement en territoire Eduens. Faire bruler leurs campagnes et leurs villes équivaudrait à une déclaration de guerre. Vercingétorix n’a pas d’intéret à se mettre à dos une tribu aussi puissante.

– Si Gergovie est près de Clermont Ferrand c’est impensable de sa part.

De Décize à Gergovie

 

Départ de Décize

34. Cette décision étant intervenue, il exhorta les Héduens à oublier discussions et querelles, à tout laisser pour se consacrer à la présente guerre ; il leur promit qu’ils recevraient de lui, une fois la Gaule vaincue, les récompenses qu’ils auraient méritées ; il les invita à lui envoyer sans retard toute leur cavalerie, et dix mille fantassins qu’il répartirait dans divers postes pour la protection des convois de vivres. Il fit ensuite deux parts de son armée quatre légions furent confiées à Labiénus pour marcher contre les Sénons et les Parisii, et il mena lui-même les six autres chez les Arvernes, vers la ville de Gergovie, en suivant l’Elauer ; il donna une partie de la cavalerie à Labiénus et garda l’autre part.

Quand Vercingétorix apprit ces nouvelles, il coupa tous les ponts du fleuve et se mit à remonter le fleuve sur la rive opposée.

Si on pose à droite le texte Latin c’est pour montrer que le nom du fleuve cité par César est l’Elauer (Loire) mais pas l’Allier comme on le voit dans les traductions de l’hypothèse de Gergovie à Merdogne.

La marche le long de l’ELAUER

35. Les deux armées se voyaient l’une l’autre et campaient généralement face à face ; et comme Vercingétorix disposait des éclaireurs pour empêcher les Romains de faire un pont et de franchir le fleuve, César se trouvait dans une situation fort difficile : il risquait d’être arrêté par l’Elauer  la plus grande partie de l’été, car ce n’est guère avant l’automne que, d’habitude, l’Elauer  est guéable. Pour éviter qu’il en fût ainsi, César alla camper dans une région boisée en face de l’un des ponts que Vercingétorix avait fait détruire, et le lendemain il y demeura secrètement avec deux légions, tandis qu’il faisait partir comme à l’habitude le reste de ses troupes avec tous les bagages, ayant eu soin de fractionner un certain nombre de cohortes pour faire croire que le nombre des légions n’avait pas changé. Il leur donna l’ordre de se porter aussi loin que possible en avant, et quand l’heure lui fit supposer qu’elles étaient arrivées au campement, il se mit à rétablir le pont sur les anciens pilotis, dont la partie inférieure restait entière. L’ouvrage fut rapidement terminé ; il fit passer les légions et ayant choisi un emplacement favorable pour son camp, rappela à lui les autres corps. Quand Vercingétorix apprit la chose, craignant d’être obligé à livrer bataille malgré lui, il força les étapes pour prendre de l’avance.

Arrivée sur Gergovie

36. César parvint à Gergovie en quatre étapes ; ayant livré le jour de son arrivée un petit combat de cavalerie, et ayant reconnu la place, qui était sur une montagne fort haute et d’accès partout difficile, il désespéra de l’enlever de force ; quant à un siège, il décida de n’y songer qu’après avoir pourvu aux subsistances. De son côté, Vercingétorix avait campé près de la ville, sur la hauteur, et il avait disposé autour de lui les forces de chaque cité, en ne les séparant que par un léger intervalle tous les sommets de cette chaîne que la vue découvrait étaient occupés par ses troupes, en sorte qu’elles offraient un spectacle terrifiant. Ceux des chefs de cités qu’il avait choisis pour former son conseil étaient convoqués par lui chaque jour à la première heure pour les décisions à prendre ou les mesures à exécuter ; et il ne se passait presque point de jour qu’il n’éprouvât, par des engagements de cavalerie auxquels se mêlaient les archers, l’ardeur et la valeur de chacun. Il y avait en face de la ville, au pied même de la montagne, une colline très bien fortifiée par la nature, et isolée de toutes parts: si nous l’occupions, nous priverions l’ennemi d’une grande partie de son eau et il ne fourragerait plus librement. Mais cette position était tenue par une garnison qui n’était pas méprisable. Pourtant César, étant sorti de son camp au milieu du silence de la nuit, bouscula les défenseurs avant que l’on eût pu les secourir de la place et, maître de la position, y installa deux légions ; il relia le petit camp au grand camp par un double fossé de douze pieds de large, afin que même des hommes isolés pussent aller de l’un à l’autre à l’abri des surprises de l’ennemi.

 
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