Gergovie : Historique

Damnation mémorielle

À la fin d’une guerre gagnée, la tradition Romaine était de raser les villes qui avaient refusées de se soumettre. Elles étaient déclarées « SACER » (lire satchèré). C’était une Condamnation, une réprobation sévère voir une malédiction visant à faire disparaître de la mémoire collective ceux qui avaient oser résister à Rome. En – 146 avant notre ère, Carthage, la capitale des Phéniciens sur un site de l’ancienne Tunisie est très connue pour avoir subie cette condamnation.

Gergovie et Alésia: le même problème donc la même solution

En Gaule en moins 52, les oppida de Gergovie et d’Alésia étaient les principaux sièges de la rébellion contre le pouvoir Romain. Après la victoire totale de César, elles ont forcément subit le même sort que la ville de Carthage, c’est à dire être déclaré « Maudites ». Les deux cités Gauloises n’ont pas pues échapper à la règle. Contrairement à Carthage, les constructions en bois des Gaulois n’ont pas laissées de traces. Le but des Romains, d’effacer de la mémoire collective a si bien fonctionné que les localisations des oppida de Gergovie et d’Alésia ont été rapidement oubliées.

1558 : Une redécouverte de Gergovie hasardeuse.

 1600 ans après la bataille, Siméoni un Florentin qui voyageait beaucoup entre l’Italie et la France n’avait pas trouvé de mécène dans l’entourage des cours royales. Après un passage à Lyon,  Guillaume Duprat l’évêque de Clermont le recrute pour un projet d’alimentation en eau de sa ville depuis celle de Royat. Il prend alors le titre d’ingénieur.

Pendant cette période, il commence un ouvrage littéraire descriptif de la Limagne d’Auvergne. C’est là qu’il trouve au pied d’une colline au Sud de Clermont Ferrand une ferme du nom de “GIRGIA“.  Il était en Auvergne et  rebaptise la colline du village de Merdogne «  Gergovie ». C’est donc sur sa description de la Limagne d’Auvergne  que l’on redécouvre  en 1560 pour la première fois le nom de « Gergovie », oppidum disparu depuis 1600ans. L’argument de Siméoni serait aujourd’hui trop fragile pour être crédible.

 Les quatre sites Clermontois de Gergovie

César décrit très précisément l’oppidum et la bataille de Gergovie, une quarantaine de détails nous sont fournis. Pas grand chose de ce qu’il décrit se retrouve sur la colline Clermontoise de Merdogne qui est celle du site officiel. Autant d’ incohérences ont ouvert la chasse aux “Gergovie” dans la plaine de la Limagne, il y en a trois de plus qui revendiquent le titre. Des découvertes importantes ont été mises à jour sur les oppida voisins. Plus nombreuses que sur le site officiel elles ont imposées des corrections sévères au texte de César car “Gergovie”  n’est plus “l’ oppidum” que César a décrit  mais c’est devenu un ensemble de  “trois” oppida.

Le grand public n’est pas ou peu informé que le site officiel est si peu crédible des Auvergnats que trois autres hypothèses ont vues le jour autour de Clermont Ferrand. On peut les voir en cliquant sur les liens suivants:

L’oppidum de Merdogne est le site officiel de Gergovie depuis 1560 date de l’hypothèse hazardeuse de Siméoni puis validé par Napoléon III. 

En 1933 Maurice Busset puis Paul Eychard en 1952, conscients des incohérences du site officiel avec le texte de César ont proposés une autre hypothèse.

“Gergovie de M. J.Barusch” a localisé Gergovie sur cet oppidum au bord de l’Allier (Liger). Avec l’oppidum de Gondole Ils pourraient être le “Némossos”.

Ce site est le plus improbable des “Gergovie” Clermontois. Basé sur des hypothèses religieuses et légendaires. C’est l’hypothèse de E.Mourey

Némossos ?

Némossos la métropole des Arvernes localisée par Strabon sur le bord du Liger près de Clermont Ferrand a disparue du paysage culturel Gaulois Clermontois. Elle a été remplacée sur les documents d’histoire par Gergovie. ? ? ?

Aucun des oppida Clermontois n’est cohérent avec les descriptions du texte de César. La version officielle de Gergovie a rajouté deux autres oppida “Corent” et “Gondole” à celui de “Merdogne”. Ceci lui a encore ôté de la crédibilité car César n’en décrit qu’un seul. Il est désormais indispensable de reprendre l’enquête en ne tenant compte que du texte de César et de tout ce qui a été écrit avant l’hypothèse douteuse de Siméoni et officialisée sous Napoléon III.

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