Les Gaulois déclenchent la guerre.

Livre VII : chapitre 3.

Traduction : L.-A. Constans, 1926 :   “La guerre des Gaules” 

3. Quand arrive le jour convenu, les Carnutes, entraînés par Cotuatos et Conconnétodumnos, hommes dont on ne pouvait rien attendre que des folies, se jettent, à un signal donné, dans Cénabum, massacrent les citoyens romains qui s’y étaient établis pour faire du commerce, mettent leurs biens au pillage ; parmi eux était Caïus Fufius Cita, honorable chevalier romain, que César avait chargé de l’intendance des vivres. La nouvelle parvient vite à toutes les cités de la Gaule. En effet, quand il arrive quelque chose d’important, quand un grand événement se produit, les Gaulois en clament la nouvelle à travers la campagne dans les différentes directions ; de proche en proche, on la recueille et on la transmet. Ainsi firent-ils alors ; et ce qui s’était passé à Cénabum au lever du jour fut connu avant la fin de la première veille chez les Arvernes, à une distance d’environ cent soixante milles.

Ce qu’il faut retenir dans ce chapitre N°3.

 

  • Deux chefs Carnutes, Cotuatos et Conconétodumnos déclenchent les hostilités en massacrant des commerçants romains placés sous la protection de la cité Gauloise de Cenabum. Ce massacre est l’élément déclencheur du retour de César en Gaule en – 53.
  • On verra plus tard que ses habitants de Cenabum vont payer au prix fort la non-assistance aux commerçants romains. Ils seront tous massacrés.
  • Grâce à la rapidité de la communication des informations chez les Gaulois, toute la Gaule est rapidement au courant de ce qui s’est passé à Cenabum.

 

Quelques infos complémentaires.

 

 

  • Cenabum : (Wiki) une cité commerciale et oppidum des Carnutes, un peuple de la Gaule celtique. Du fait de sa situation stratégique sur le bord de la Loire, Cenabum y possède un pont. Des fossés secs et une palissade de terre la défendent. La ville est équipée d’un port, attesté dès avant l’époque romaine, et constitue le débouché́ commercial principal des céréales de la région naturelle de Beauce, située au nord-ouest.

  •  160 miles : Un mile romain mesure 1,472km X 160 = 235km. Pour se faire une idée, c’est la distance qui sépare à vol d’oiseau : Orléans de Clermont-Ferrand. Il n’a fallu que 48 heures pour que cette information parcoure ces 235 km. L’information s’est donc déplacée à la vitesse de : 5 km par heure non- stop, ou de : 10km/h, si on exclue le temps de nuit. Les Romains étaient impressionnés par l’efficacité et la rapidité de la communication chez les Gaulois. Peut-être qu’un système de relais comme celui du “Pony Express” pouvait déjà exister en Gaule à cette époque. L’information de César est parfaitement crédible si, par exemple, des postes de garde étaient installés tous les 15km le long des voies commerciales.  

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