Livre VII : chapitre 2.

 Réunion secrète de peuples de Gaule.

 (– 53 av J.-C)

Traduction : L.-A. Constans, 1926 :  “La guerre des Gaules” 

2. Après mainte discussion sur ces projets, les Carnutes déclarent que pour le salut de la patrie il n’est pas de danger qu’ils n’acceptent, et ils promettent d’être au premier rang des révoltés. « Puisque pour le moment on ne peut se garantir mutuellement par un échange d’otages, car cela risquerait d’ébruiter leur projet, que du moins, disent-ils, on s’engage par des serments solennels, autour des étendards réunis en faisceau – cérémonie qui noue, chez eux, le plus sacré des liens – à ne pas les abandonner une fois les hostilités commencées. » On félicite à l’envi les Carnutes ; le serment est prêté par toute l’assistance, et on se sépare après avoir fixé la date du soulèvement.

Ce qu’il faut retenir dans ce chapitre N°2.

Une confédération de tribus Gauloises se réunit en secret chez les Carnutes. Ceux-ci veulent conduire la coalition des tribus rebelles. La mort d’Acco sera un prétexte pour justifier le soulèvement de la Gaule. Il n’y aura pas d’échange d’otages entre les tribus pour ne pas éveiller les soupçons.

Quelques infos complémentaires.

         Les Carnutes sont un peuple de la Gaule celtique vivant sur le riche plateau de Beauce. Ils ont donné leur nom à la ville de Chartres.

         Les otages. Pour sceller un traité ou un serment, les peuples de la Gaule s’échangeaient des otages entre eux. C’était généralement des adolescents mâles fils des chefs ou de la noblesse. Le message était clair, si vous rompez un traité ou un serment vos enfants seront exécutés. Cette technique pour fidéliser les alliances était pratiquée elle aussi par les Romains. Les peuples soumis devaient fournir des otages à Rome où ces adolescents étaient éduqués comme de vrais Romains tant que les contrats étaient respectés.

Hypothèse sur les otages.

a) Hypothèse : « Tombes à chevaux »

           On voit dans les tombes retrouvées sur l’oppidum de Gondole près de Clermont-Ferrand, des Gaulois enterrés avec leurs chevaux. A ce jour, aucune explication n’est fournie par les archéologues sur le sujet, qui reste mystérieux. Pierre Barthélémy de « l’Arbre Celtique » pense qu’il s’agirait de cadavres de la guerre des Gaules, car Gondole est à quelques kilomètres du site officiel de Gergovie.

         D’après les études faites sur place, il n’y a aucune trace de traumatisme sur ces corps. La cause de la mort semble inconnue.

         A ce jour, le manque d’information sur l’origine de ces décès nous invite à proposer une nouvelle hypothèse de travail :

Plus loin au chapitre IV du livre VII :

         A l’unanimité́, on confère à Vercingétorix le commandement suprême. Investi de ces pouvoirs, Vercingétorix exige de tous ces peuples des otages.

tombe à chevaux Gondole

        Ces tombes nous font penser qu’il s’agit, peut-être, d’otages issus d’autres tribus ou d’autres peuples dont les chefs n’auraient pas respecté des contrats ou des alliances. Ces otages ont pu être égorgés ou étranglés puis enterrés religieusement.

         Les chevaux qui les accompagnent indiquent que ces cavaliers font partie de la noblesse. Cependant, ils n’ont pas de bijoux, pas de reliques, pas d’armes, donc pas de gloire pour une autre vie au royaume des morts. Le bras par-dessus l’épaule du voisin de devant symbolise une certaine solidarité dans la vie comme dans la mort. Une strangulation dans les règles de l’art ne laisse pas de traces traumatiques sur les squelettes, comme dans ces cas.

 

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