GERGOVIE À ST MAURICE DE LIGNON

Co-rédigé par Baptiste.Granjon et Pierre-Bernard Teyssier

Historique de l’Hypothèse Clermontoise de Gergovie

 Gergovie l’oppidum perdu.

Préambule. 

La tradition des Romains, à l’issue d’une guerre, était de raser les villes qui avaient refusé de se soumettre. Elles étaient déclarées « SACER » (lire saquère). C’était une réprobation sévère, voire une exécration visant à faire disparaître de la mémoire collective toute trace de ceux qui avaient osé résister à Rome. C’est bien connu : en 146 avant notre ère, Hannibal enfin vaincu, Carthage, la capitale des Phéniciens (actuelle Tunisie), ne put échapper à un tel sort.

En Gaule, en moins 52, les oppida de Gergovie et d’Alésia étaient les principaux sièges de la rébellion contre le pouvoir romain. Après la victoire totale de César, elles ont forcément subi un sort analogue à celui Carthage et être déclarées « maudites ». Il faut, du moins, avouer qu’on aurait peine à dégager les raisons ou singularités en vertu desquelles les deux cités gauloises auraient fait exception à la règle.

Gergovie, Alésia, Cenabum, Avaricum, Uxelodunum, etc.

Même si César ne l’a pas écrit expressément, on ne peut guère douter que le même rite d’exécration ait été appliqué à toutes ces cités gauloises, qui, les unes après les autres, avaient, comme Carthage, refusé de se soumettre. Comme rayées de la carte, leur localisation précise reste, aujourd’hui encore, un objet de débat. Le rite d’abomination a dû être d’autant plus inéluctable, a posteriori, dans le cas de la cuisante défaite subie à Gergovie par les légions romaines dirigées par César en personne.

Contrairement à certains murs de fondation de Carthage, les fortifications en bois des Gaulois n’ont, en général, guère laissé de traces. Le but des Romains, de leurrer de la sorte la mémoire collective, a si bien fonctionné que, peu à peu, Gergovie ou Alésia n’ont plus été que des ruines « fantômes ».

 1558 : GIRGUIA trouvaille chanceuse pour une hypothèse périlleuse

Déjà 1600 ans se sont écoulés depuis que César ait battu en retraite devant Vercingétorix et sa coalition des peuples gaulois, lorsque Gabriel Simeoni, un humaniste florentin appelé à voyager souvent entre l’Italie et la France, se met en quête d’y trouver un mécène dans l’entourage des cours royales.

Le voilà à Lyon, puis à Clermont, dont l’évêque, Guillaume Duprat, recrute justement quelque expert pour dresser un projet d’alimentation en eau de sa ville depuis celle de Royat. Il n’y a pas, à cette époque, dans le cursus des études de haut niveau, dit des « art libéraux », autant de spécialisation qu’aujourd’hui : Simeoni se trouve aisément promu ingénieur.

Manifestement curieux de tout, Simeoni met à profit la même période pour amorcer un ouvrage littéraire descriptif de la Limagne d’Auvergne. Passant incidemment au pied d’une colline du Sud de Clermont-Ferrand, il relève qu’une certaine ferme porte le nom de « Girgia ».  Sans trop être en mesure d’ afficher de compétence historique ni archéologique, mais conscient d’être en territoire « arverne », Simeoni rebaptise instantanément la colline du village de Merdogne : « Gergovie ». Ce sera donc sur une description de la Limagne d’Auvergne que l’on va découvrir, en 1560, pour la première fois, le nom de « Gergovie », oppidum perdu dans la nature depuis 1600 ans. L’argument de Simeoni, aujourd’hui, serait, pour le moins, jugé trop fragile pour être crédible dans un milieu des «chercheurs avertis».

1492 : Découverte de l ‘Amérique, date fréquemment retenue comme étant la fin du Moyen-âge.

1558, Nous sommes au début de la Renaissance ; l’Histoire de France, pas plus que celle de Gergovie, ne passionne les foules. Mais, l’hypothèse de Simeoni semble faire magie, puisqu’une mention de Gergovie se faufile en douce dans l’ombre de Clermont-Ferrand sur une carte de l’Auvergne.

Siméoni 

Siméoni Astrologue

Ferme GERGIA

A Merdogne le Lidar n’a pas révélé une ville Gauloise

mais des parcelles agricoles répertoriées au cadastre Napoléon

clics sur les images

Les copiés / collés ne sont pas des preuves.

 

Au cours des siècles suivants, les géographes ont souvent recartographié l’Auvergne. Ils se sont efforcés, au fil du temps, d’en améliorer la représentation, chacun s’appuyant sur les travaux de ses prédécesseurs. Cependant, le nom et la localisation de Gergovie persistent à l’identique, sans le moindre souci de vérification  au plan historique ni archéologique.

Il apparait cependant révélateur d’un certain malaise que, par exception,  le Dictionnaire Universel d’Histoire et de Géographie de M.-N.Bouillet (un intellectuel descendant d’une fameuse lignée d’armuriers stéphanois), ouvrage vingt-cinq fois réédité entre 1836 et 1876, ait osé faire mention d’au moins trois sites de Gergovie : l’un à Clermont-Ferrand, « Gergoie ou mont Gergovin » ; « une autre Gergovie était située dans le pays des Eduens, mais appartenait aux Boiens […], on la place dans le département de la Nièvre, au lieu où est auj. St Révérien, à 27 kil. S. de Clamecy ; sa forteresse, Arx in Boiis, aurait laissé son nom au village d’Arzemboy. D’autres la placent à Montluçon. »

On peut, sans grand effort, comprendre que Napoléon III, quelque peu excédé d’un tel fatras, ait voulu en avoir le cœur net… avant de signer le bon-à-tirer des premières affiches vantant les mérites d’un site quelconque.

En résumé, depuis la subite « illumination » de Simeoni, la cartographie avait eu beau s’acharner à ancrer son hypothèse, pour le moins hasardeuse, celle-ci, pour autant, n’y avait pas gagné une once de crédibilité !

Carte et vignette de la Limagne d’Auvergne dessiné par Gabriel Siméoni

“Girgia = Gergovie”  – Où est la preuve ?

 

Diffusion du site officiel du Musée de Gergovie : « En 1958, le toponyme ‘ Girgia, Egirguia, Iergoia’ (Archives départementales du Puy de Dôme, 3 G, armoire 18 sac A4) figure dans un acte de déguerpissement ou de délaissement de possession d’un bien ou alleu situé à ‘Gergovia’ ».

Une première remarque vient aussitôt à l’esprit. S’il suffisait de l’appellation, dans un terrier médiéval,  d’une ferme pour prouver que la colline située en arrière-plan soit Gergovie, combien de « Gergovie » en limite Loire/Haute-Loire, où une abondante liste de toponymes (parfois doublés d’anthroponymes), circumvoisins pour la plupart, tels que “Gourgouillat ou Gourgois (Gorgodense, 984 ; Gorgodesio,XIème s ; Gorgeis, 1288, etc.) “, est tout aussi convertible en “Gergovie” que les « Girgia, Egirguia, Iergoia » clermontois ?

Les toponymes vellaves cités ici sont, d’ailleurs, si proches du nom de “Gergovie” que certains linguistes ont cru bon d’y repérer des consonnances identiques à celles du Puy de Dôme, tout en usant de cartes qui montrent seulement une autre réalité : à savoir que les lieux concernés se situent à la périphérie de St Maurice de Lignon… sans mettre en évidence le moindre point de tangence avec celle de Clermont Ferrand.

1860 : Gergovie et Napoléon III

 

            Revenons en Gaule quelque temps avant la bataille d’Alésia. César est en train de quitter la Gaule avec le butin d’une campagne de victoires, sauf pour Gergovie qu’il n’a pu prendre, malgré deux mois d’un siège pimenté de ruses et de stratagèmes divers. Vercingétorix le poursuivra jusqu’à Alésia, où il tentera de le confiner tout en attendant d’autres renforts…

            Qu’est-ce qui a donc motivé les peuples gaulois à s’allier entre eux autour de Vercingétorix contre César ?

            -1ère Hypothèse : Vercingétorix a promis aux chefs de tribu le partage du butin que les Romains ont volé en Gaule. Motivation pas très patriotique, mais très plausible quoique jamais énoncée officiellement.

            -2ème Hypothèse : Vercingétorix aurait réussi à créer un esprit national gaulois pour bouter les Romains hors du pays.

            Il est nul besoin de faire beaucoup travailler ses méninges pour deviner le cheminement de pensée de Napoléon III, « captivé par le conquérant romain » tout en ayant le désir de s’assimiler au valeureux personnage de Vercingétorix. Pour servir les fins politiques de l’empereur, c’est évidemment la version « Unité Nationale Gauloise » qui doit absolument être sélectionnée.

A Gergovie, spontanément, c’est l’image de Vercingétorix qui va être exploitée – de même que, par la suite, celle, non moins grandiose, de César, vainqueur d’Alésia. Le plateau de Merdogne, va devenir un lieu de pèlerinage historique d’intérêt national, une cathédrale laïque, le « symbole d’une France unie et indivisible ». Sur ce plan-là, la IIIème République ne sera, d’ailleurs, pas en reste, pour des raisons assez similaires. Mais nous n’en sommes pas encore là ; à l’Empereur, tout d’abord, de promouvoir son projet !

C’est au baron Eugène Stofel (Paris, 1821- 1907), son officier d’ordonnance, que Napoléon III va confier la mission de conduire les recherches de localisation des villes d’Alésia et de Gergovie. Armé de cartes ratifiant l’hypothèse Simeoni, outre, sans doute, celles, délibérément schématiques, du célèbre antiquaire Anne-Claude-Philippe de Caylus (Paris, 1692 – 1765), Stofel part en Auvergne, ‘’étudier’’ le site. L’expert militaire explore la colline de Merdogne, où se trouvent de vieux murs qu’il déclare être gaulois. Stoffel, dans le sillage de Caylus – prudence en moins – vient d’inventer l’archéologie gauloise ! Compte- tenu de ses 24 heures d’expérience en ce domaine, il aurait pu nourrir quelque doute, mais cette perplexité, aussi honorable soit-elle, aurait-elle eu l’heur de plaire à l’Empereur ?

Apparemment sûr de lui, Stofel ne va pas prendre le risque de décevoir Napoléon III. Il entérine hardiment l’hypothèse de Simeoni. Dès lors, l’empereur aura les coudées franches pour donner à ce site une renommée nationale toute à la gloire de la France. La colline de Gergovie-Merdogne accueillera, désormais et pour longtemps, le suprême pèlerinage laïc dédié au culte de l’unité nationale. En 1865, le village de Merdogne sera rebaptisé « Gergovie » par Napoléon III, à la demande – soi-disant – de ses habitants.

Pour le coup, le nom de la rivière “ELAUER” qu’avait remontée César pour aller à Gergovie deviendra officiellement « l’ALLIER” sur les traductions du texte de la Guerre des Gaules et les livrets scolaires, tous éditeurs confondus.

Napoléon III  et  Vercingétorix

Vercingétorix  est  Napoléon III

En toute logique, on aurait pu croire alors que la mince (inexistante ?) statuaire de Vercingétorix allait tout soudain enfler d’abondance. En tout premier lieu à Gergovie-Merdogne, le terrain ayant été si bien préparé par Stoffel. Eh bien, non ! 

En fait, dominant la Plaine des Laumes, au sommet du Mont-Auxois (site d’Alésia homologué par Napoléon III) , le 27 août 1865, une imposante effigie de Vercingétorix, en tôle de cuivre battue et repoussée, est bel et bien érigée face aux camps romains. Napoléon III a payé sur sa cassette personnelle une statue, haute de 6,60 mètres et due au sculpteur de renom, Aimé Millet. Le socle de granit de Saulieu, sur lequel est disposée la statue, n’accuse pas moins de 7 m de haut.

Sur l’une des faces, on peut lire une phrase qu’aurait prononcée Vercingétorix devant ses troupes (plutôt à Avaricum/Bourges, en réalité) : « La Gaule unie formant une seule nation animée d’un même esprit peut défier l’univers”. Gravé sur une autre face : Napoléon III, empereur des Français, à la mémoire de Vercingétorix.

Détail singulier : si on regarde bien le portrait, surtout le visage : on le dirait calqué de l’empereur Napoléon III, y compris les moustaches. Quoi de surprenant, quand on sait à quel point le commanditaire de la statue avait toujours été passionné par l’histoire de la Guerre des Gaules.

Personne jusque-là (c’est toujours le cas !) n’ayant à quoi pouvait ressembler physiquement Vercingétorix, pourquoi Napoléon III se serait-il privé, en plus de conférer au célèbre grand guerrier des attributs (prétendus) gaulois, de lui donner ses propres traits de visage ?

Cependant, cinq ans plus tard, même après le désastre subi par les troupes françaises à Sedan, le 1erseptembre 1870, ni la IIIème République ni les régimes politiques qui se succéderont ensuite, ne formèrent jamais, semble-t-il, le dessein de remodeler le portrait de Vercingétorix, tenu pour fils de Celtillos, prestigieux chef du peuple arverne, lui-même déchu, puis assassiné, par son peuple. Serait-ce que le registre des pertes humaines tolérées, au combat, ne doive absolument pas s’encombrer de célébrités ayant malencontreusement perdu la face, fût-elle de marbre ?

La statue équestre de Vercingétorix, celle qui orne la place de Jaude à Clermont-Ferrand, a eu, elle aussi, une histoire particulièrement mouvementée, depuis sa création par Bartholdi en 1902, jusqu’à son classement Monument Historique, qui ne devait aboutir que le 11 mai 1994, sous le septennat du président François Mitterrand.

Avec Gergovie Merdogne on a le temple de la république, il n’y manquait plus que la musique pour faire des bons Français prêts à se sacrifier pour elle. Les pertes sont plafonnées à un Français sur deux. Il faudra le chanter pour l’obtention du certificat d’étude.

Utilisation politique du personnage de Vercingétorix

Quels rôles politiques a-t-on voulu faire jouer aux monuments dressés à la gloire de Vercingétorix, vainqueur de Gergovie ? Cet article contextualise les différentes manières dont le monument dressé sur le plateau de Gergovie et le Vercingétorix de Bartholdi, place de Jaude à Clermont-Ferrand, ont été mis à contribution au service d’idées politiques les plus diverses, aux XIXe et XXe siècles

https://hal-clermont-univ.archives-ouvertes.fr/hal-01410214/document

1870 à 1940 : Gergovie sous la 3ème République

 

La pression montait entre la France et la Grande Bretagne qui se partageaient l’Afrique. Quand les Allemands ont commencé à réclamer une part de gâteau, Français et Anglais se sont unis – “entente cordiale” contre cet empêcheur de piller en rond. De plus l’Allemagne construisait le “Bagdad Bahn” qui aurait pu ramener le fioul directement de la péninsule arabique à Hambourg et ouvrir une porte vers les Indes. Une guerre se préparait secrètement dans les milieux autorisés. Mais on ne pouvait guère envoyer des soldats au combat pour des intérêts privés. L’attentat de Sarajevo, l’Alsace et la Loraine seront les moteurs et Vercingétorix sera le carburant pour motiver les Français à combattre l’ennemi germanique.

Utilisé pour la propagande de la République, Gergovie-Merdogne reçoit les honneurs ds à son statut. En 1900, un monument commémoratif est érigé sur le Plateau.

Plus tard, en 1903, la équestre de Vercingétorix va trôner place Jaude, tout près de la cathédrale, à Clermond-Ferrand. À l’époque de la construction de la statue, la France continue de promouvoir des valeurs puisées tant dans son passé historique, lointain, que laïc, encore tout récent et fragile.

En 1870, les instituteurs, hussards noirs de la république préparaient résolument les enfants à la prochaine guerre.

 

Le même thème ressort « Les Gaulois ».

C’est depuis ce temps que, dans tout le pays, on retrouve les symboles des casques Gaulois ou des statues de Vercingétorix, le héros de Gergovie sur nos monuments aux morts. Même la régie des tabacs, la SEITA, saura utiliser le thème des « Gaulois » pour une marque de cigarettes (marque passée à Altadis, puis Imperial Tobacco, son propriétaire actuel). Depuis 1910 la GAULOISE n’a pas vu chuter sa renommée auprès des fumeurs « du bon peuple ».

A maintes reprises, l’hypothèse de Siméoni s’est trouvée validée par la République, qui n’a jamais pris la peine de vérifier sérieusement si celle-ci tenait la route. La raison d’Etat a été prioritaire. Pas moyen d’échapper au culte de Vercingétorix incrusté dans la mémoire collective dès l’école primaire, il fait partie du catéchisme laïc de la République.

Brandi par la presse et plus que vénéré dans les écoles, l’étendard de « Gergovie » atteindra efficacement son but :  fédérer l’unité nationale. La peinture de Lionel Royer – 1899, sur la photo de droite, fait brillamment figure de porte- étendard de « l’affaire Vercingétorix ». Quiconque pourra l’admirer à loisir, au Musée Crozatier du Puy-en-Velay … à quelques kilomètres de St Maurice de Lignon.

1930: Enfin une première étude plus sérieuse.

 

En 1930, le révérend Gorce reprend les investigations de Stofel. S’il le critique sur de nombreux points, il confirme l’existence de fossés bien que le profil de ce qu’il a trouvé ne corresponde pas à celui des deux fossés décrits par César.

1933 : Une réaction.

 

En raison des incohérences entre la topographie de Merdogne et les descriptions très précises du texte de César, le site officiel était loin de faire l’unanimité des Clermontois.

En 1933, paraît un ouvrage dans lequel un nouveau protagoniste, Maurice Busset, s’oppose courageusement à la localisation de Gergovie sur le plateau de Merdogne et propose celle du plateau des Côtes de Clermont, juste au nord de la ville. Clermont Ferrand se retrouve dotés de deux « Gergovie », un au Nord et un au Sud de la ville.

Maurice Busset: Directeur de l’École des Beaux-Arts de Clermont-Ferrand et conservateur-adjoint du musée de Clermont-Ferrand.

1942 : Gergovie sous Vichy.

 

1942 : Gergovie sous Vichy.

Jamais Pétain, le chef de « L’Etat Français » ne visita aussi souvent une ville française que Clermont-Ferrand. Au printemps 42, il a même gravi Gergovie, haut-lieu de la résistance gauloise, pour y célébrer la France « une et indivisible ». Sous tous les régimes, les représentants de la Nation viendront comme se revigorer sur le plateau de Gergovie.

L’’image de Vercingétorix et du plateau de Gergovie est encore utilisée comme un moyen de communication patriotique. Et même, parfois, ouvertement nationaliste.

 

1952 : 2ème Gergovie : Sur les « Côtes de Clermont ».

 

À partir de 1952, Paul Eychart reprend les recherches de Maurice Busset sur le site des Côtes et réalise de nouvelles fouilles qui confirment l’occupation du site du Néolithique à la Conquête romaine. Et, au-delà, jusqu’au IVe siècle après J.-C.

Sur la colline de Chanturgue, Eychart met au jour et reconnaît les structures d’un camp romain. Une comparaison de la topographie et des données du texte de César lui ouvre la perspective de reconstituer des étapes de la bataille. Cela le conduit à associer un emplacement de la vieille ville de Montferrand à ce qu’il définit comme le Grand camp de César.

Années 1980 : Deux autres hypothèses.

Mais, une fois encore, tous les éléments décrits par César ne se retrouvent pas sur le site de Gergovie des Côtes de Clermont. Voilà pourquoi l’histoire ne se finira pas sur cette deuxième hypothèse, puisque deux sites d’ oppidum vont venir revendiquer le titre.

3ème Gergovie :  Le Crest

Après Merdogne et les Côtes de Clermont, c’est Émile Mourey qui proposera le troisième Gergovie en expliquant que la cité gauloise aurait occupé un oppidum découvert à « Le Crest ».

4ème Gergovie:  Corent

Puis Jean Baruch déclarera une quatrième hypothèse sur le site de Corent où un sanctuaire Gaulois sera officiellement mis a jour.

Vercingétorix un héros républicain

MERCREDI, 19 FÉVRIER, 1997

L’HUMANITÉ : ANDRE SIMON. « Vercingétorix et l’idéologie française »

Il est toutefois un personnage de notre mythologie nationale qui fait l’unanimité, à droite comme à gauche, mais dont on n’a guère éprouvé la nécessité de commémorer officiellement les exploits, c’est Vercingétorix: c’est en effet en 1952 que l’on aurait dû célébrer le bimillénaire de Gergovie et d’Alésia; c’était l’année du fameux emprunt Pinay; Or, Vercingétorix occupe une place essentielle dans notre imagerie historique et dans l’idéologie française, comme un ouvrage d’André Simon vient opportunément de le rappeler.

2014 : 5ème “Gergovie” 

C’était une version officielle puis abandonnée

 

C’est, cette fois, la Communauté scientifique qui va inciter le public à changer son fusil d’épaule en publiant une cinquième hypothèse. En effet, Gondole et Corent, deux oppida au sud-est de Clermont-Ferrand Clermontois sont cités. D’énormes découvertes archéologiques Gauloises vont être mises à jour. Elles seront beaucoup plus importantes que celles de Merdogne.

On ne peut pas dire que cet ensemble de trois oppida concorde à merveille avec le texte de César, qui n’en avait mentionné qu’un seul. Mais, le De Bello Gallico se trouve aussi hardiment qu’habilement contourné par certains érudits clermontois, qui vont conclure :

 « La ville de Gergovie serait un ensemble de trois oppida »

Merdogne, Corent et Gondole.

 

César a beau se retourner, de honte, dans sa tombe. De n’en avoir vu qu’un seul, d’oppidum. La bataille décrite dans la Guerre des Gaules devient de moins en moins lisible. Le défi, dans ces conditionds, a été, pour le site internet officiel, de condenser les informations relatives à 200 ans d’études par des érudits sur le terrain de Merdogne. Résultat : un bref résumé littéraire, de 20 lignes, pour toute explication de la bataille de Gergovie rapportée (pour l’instant…) à trois oppida distincts.

Tout aussi explosif ! A supposer que Gergovie puisse tout soudain se révéler un ensemble où s’articulent trois oppida, ce dont les Merdogniens oublient cependant de parler ouvertement, c’est de la métropole des Arvernes : Némossos.

 

 

Co-rédigé par

Baptiste.Granjon et

 Pierre-Bernard Teyssier

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