Chapitre 30. Le contexte

30. Comme on savait qu’après cette déroute le Sénon Drappès, qui, dès le début du soulèvement de la Gaule avait rassemblé de toute part des gens sans aveu, appelé les esclaves à la liberté, fait venir à lui les bannis de toutes les cités, accueilli les voleurs, et intercepté les convois de bagages et de ravitaillement des Romains, comme on savait que ce Drappès avait formé avec les restes de l’armée en  fuite une troupe atteignant au plus deux mille hommes et marchait sur la Province, qu’il avait pour complice le Cadurque Luctérios qui, au début de la révolte gauloise, s’était proposé, comme on l’a vu dans le commentaire précédent, d’envahir la Province. 

le légat Caninius se lança à leur poursuite avec deux légions, ne voulant pas que la Province eût à souffrir ou que la peur s’emparât d’elle, et qu’ainsi nous fussions déshonorés par les brigandages d’une bande criminelle. »

Voici les informations de ce chapitre qui définnissent Uxellodunum.

ch 30) le légat Caninius se lança à leur poursuite avec deux légions,
ch 31) les autres cités, situées aux confins de la Gaule, touchant à l’océan, et qu’on appelle armoricaines, entraînées par l’exemple des Carnutes, remplissent sans délai, à l’approche de Fabius et de ses légions,
ch 36 ) Caninius envoie en avant vers le camp ennemi toute la cavalerie et les fantassins Germains, qui étaient d’une agilité extrême ;
ch 39) César laissa donc son légat Calénus, à la tête de deux légions, avec ordre de le suivre à étapes normales

Six légions et de l’infanterie Germaine assiégent l’oppidum d’Uxellodunum soit 40 000 combattants environ. C’est le même nombre que devant Gergovie. Les Romains ont certainement les moyens humains pour prendre la ville par la force. Ce ne sera pas la stratégie choisie par César, il préférera l’assiéger. Mais l’importance du contingent Romain implique que la ville d’Uxellodunum puisse accueillir une population au moins aussi importante que le contingent Romain avec une armée, du bétail, des chevaux et du fourrage.

Chapitre 31. Pendant ce temps Caïus Fabius va pacifier les Carnutes et les Armoricains

31. Caïus Fabius, avec le reste de l’armée, part chez les Carnutes et les autres peuples dont il savait que les forces avaient été très éprouvées dans le combat qu’il avait livré à Dumnacos. Il ne doutait pas, en effet, que la défaite qui venait de leur être infligée ne dût les rendre moins fiers, mais non plus que, s’il leur en laissait le temps, ils ne pussent, excités par ce même Dumnacos, relever la tête. En cette occurrence, Fabius eut la chance de pouvoir procéder, dans la soumission des cités, avec la plus heureuse promptitude. Les Carnutes, qui, bien que souvent éprouvés, n’avaient jamais parlé de paix, donnent des otages et se soumettent ; les autres cités, situées aux confins de la Gaule, touchant à l’océan, et qu’on appelle armoricaines, entraînées par l’exemple des Carnutes, remplissent sans délai, à l’approche de Fabius et de ses légions, les conditions imposées. Dumnacos, chassé de son pays, dut, errant et se cachant, aller chercher un refuge dans la partie la plus retirée de la Gaule.

Chapitre 32 : Drappés et Luctérios arrivent à Uxellodunum.

32. Mais Drappès et avec lui Luctérios, sachant que Caninius et ses légions étaient tout proches et se pensant certainement perdus s’ils pénétraient sur le territoire de la Province avec une armée à leurs trousses, n’ayant d’ailleurs plus la possibilité de battre librement la campagne en commettant des brigandages, s’arrêtent dans le pays des Cadurques. Luctérios y avait joui autrefois, avant la défaite, d’une grande influence sur ses concitoyens, et maintenant même ses excitations à la révolte rencontraient auprès de ces Barbares un grand crédit : il occupe avec ses troupes et celles de Drappès la ville d’Uxellodunum, qui avait été dans sa clientèle ; c’était une place remarquablement défendue par la nature ; il en gagne à sa cause les habitants.

Voici les informations de ce chapitre qui définnissent Uxellodunum.

Cet extrait du texte donne la principale caractéristique d’un oppidum. Uxellodunum doit être sur une montagne difficile d’accès.

Chapitre 33 : Difficulté d’accès à l’Oppidum

33. Caïus Caninius y vint tout aussitôt ; se rendant compte que (1) de tous côtés  la place était défendue par des rochers à pic, dont l’escalade, même en l’absence de tout défenseur, était difficile pour des hommes portant leurs armes, (2) voyant, d’autre part, qu’il y avait dans la ville une grande quantité de bagages et que, si l’on essayait de fuir secrètement en les emportant, il n’était pas possible d’échapper non seulement à la cavalerie, mais aux légionnaires même,  il divisa ses cohortes en trois corps et les établit (3) dans trois camps placés sur des points très élevés ; en partant de là, il entreprit de construire peu à peu, selon ce que permettaient ses effectifs, un retranchement qui faisait le tour de la ville.

Voici les informations de ce chapitre qui définnissent Uxellodunum.

1. Implique que le camp de Caninius doit surplomber la ville et de suffisamment près pour voir ces détails. Depuis le pied ou le flanc d’une colline, on ne peut pas voir ce qui se passe au sommet.

2. Une seule sortie de l’oppidum. Elle est carrossable mais difficile avec des chariots. Elle a du être contrôlée par de l’infanterie Romaine. Le Barry à Cabreret est le passage unique pour sortir de l’oppidum.

3. Les trois camps Romains sont sur trois collines de l’oppidum puisque le retranchement fait le tour de la ville, pas celui de l’oppidum. Il sont obligés de surveiller leurs retranchements.

 

Petite vidéo YT difusée par deux touristes Espagnoles qui visitent les gorges du Célé. À partir de la deuxième minute de la vidéo la visite commence de la Paescalerie jusqu’à Cabreret. On peut constater que sur la rive droite de la rivière que la route est aux pieds de falaises et de pentes abruptes qui entourent le pech de la Cal. (Uxellodunum)

Chapitre 34 : Les Gaulois se préparent pour un siège de longue durée.

34. A cette vue, ceux qui étaient dans la ville,  tourmentés par le tragique souvenir d’Alésia, se mirent à craindre un siège du même genre ; Luctérios, qui avait vécu cette heure-là, était le premier à rappeler qu’il fallait se préoccuper d’avoir du blé ; les chefs décident donc, à l’unanimité, de laisser là une partie des troupes et de partir eux-mêmes, avec des soldats sans bagages, pour aller chercher du blé. Le plan est approuvé, et la nuit suivante, (1) laissant deux mille soldats dans la place, Drappès et Luctérios emmènent les autres. Ils ne restent que quelques jours absents, et prennent une grande quantité de blé sur le territoire des Cadurques, dont une partie désirait les aider en les ravitaillant, et l’autre ne pouvait les empêcher de se pourvoir ; ils font aussi, plus d’une fois, des expéditions nocturnes contre nos postes. (2) Pour ce motif, Caninius ne se presse point d’entourer toute la place d’une ligne fortifiée il craignait qu’une fois achevée il ne lui fût impossible d’en assurer la défense, ou que, s’il établissait un grand nombre de postes, ils n’eussent que de trop faibles effectifs.

Voici les informations de ce chapitre qui définnissent Uxellodunum.

  1. Uxellodunum doit pouvoir recevoir une ville et 2000 soldats plus la troupe de Luctérios et Drappés qui a quité Uxellodunum. On verra plus loin qu’ils sont surement très nombreux car Caninius a utilisé plus d’une légion pour les surprendre.
  2. Caninius a peur que ses deux légions ne suffisent pas pour tenir le siège. Des Gaulois ont quittés Uxellodunum et Caninius n’a pas les effectifs suffisants pour installer une contrevallation et une circonvalation comme à Alésia.

Chapitre 35 : Les Romains bloquent et massacrent les convoyeurs Gaulois.

35) Après avoir fait une ample provision de blé, Drappès et Luctérios s’établissent à un endroit qui n’était pas à plus de dix milles de la place, et d’où ils se proposaient d’y faire passer le blé peu à peu. Ils se répartissent la tâche : Drappès reste au camp, pour en assurer la garde, avec une partie des troupes, Luctérios conduit le convoi vers la ville. Arrivé aux abords de la place, il dispose des postes de protection et, vers la dixième heure de la nuit, entreprend d’introduire le blé en prenant à travers bois par d’étroits chemins. Mais les veilleurs du camp entendent le bruit de cette troupe en marche, on envoie des éclaireurs qui rapportent ce qui se passe, et Caninius, promptement, avec les cohortes qui étaient sous les armes dans les postes voisins, charge les pourvoyeurs aux premières lueurs du jour. Ceux-ci, surpris, prennent peur et s’enfuient de tous côtés vers les troupes de protection dès que les nôtres aperçoivent ces dernières, la vue d’hommes en armes accroît encore leur ardeur, et ils ne font pas un seul prisonnier. Luctérios réussit à s’enfuir avec une poignée d’hommes, mais il ne rentre pas au camp. 

Voici les informations de ce chapitre qui définnissent Uxellodunum.

Le camp de stockage des Gaulois est à 10milles (15 km) d’Uxellodunum. Ils doivent mettre le blé à l’abris pour le protéger de la pluie pendant la période où ils vont essayer de le transferer par étapes à Uxellodunum.

36 : Débacle au camp de Drappès

36  Après cette heureuse opération, (1) Caninius apprend par des prisonniers qu’une partie des troupes est restée avec Drappès dans un camp qui n’est pas à plus de douze milles. S’étant assuré du fait par un grand nombre de témoignages, il voyait bien que, puisque l’un des deux chefs avait été mis en fuite, il serait facile de surprendre et d’écraser ceux qui restaient ; mais il n’ignorait pas non plus que ce serait une grande chance si aucun sur « vivant n’était rentré au camp et n’avait apporté à Drappès la nouvelle du désastre.

Néanmoins, comme il ne voyait aucun risque à tenter la chance, il envoie en avant vers le camp ennemi toute la cavalerie et les fantassins Germains, qui étaient d’une agilité extrême ; (2) lui-même, après avoir réparti une légion dans les trois camps, emmène l’autre en tenue de combat. Arrivé à peu de distance des ennemis, les éclaireurs dont il s’était fait précéder lui apprennent que, selon l’usage ordinaire des Barbares, ils ont laissé les hauteurs pour établir leur camp sur les bords de la rivière ; les Germains et les cavaliers n’en sont pas moins tombés sur eux à l’improviste et ont engagé le combat. Fort de ces renseignements, il y mène sa légion en armes et rangée pour la bataille. Les troupes, à un signal donné, surgissant de toutes parts, occupent les hauteurs. Là-dessus, les Germains et les cavaliers, à la vue des enseignes de la légion, redoublent d’ardeur. Sans désemparer, les cohortes, de tous côtés, se précipitent : tous les ennemis sont tués ou pris, et l’on fait un grand butin. Drappès même est fait prisonnier au cours de l’action.

Voici les informations de ce chapitre qui définnissent Uxellodunum.

  1. La dernière mesure était prise entre Uxellodunum et le camp de Drapés (10 miles). Celle-ci est prise entre le camp de Caninius et celui de Drapés (12 miles)
  2. La troupe de Caninius est nombreuses. Une légion (6000h) avec de la cavalerie composée de Romains et de germains. Ceci informe que les militaires Gaulois avec Luctérios sont nombreux. Certainement plus de 1000 hommes qui s’ajoutent aux 2000 restés dans la place.

 Localisation du camp de Drappés.

C’est le point de départ de cette enquête.

  1. Le blé est la nourriture de base des gaulois. Il faut que le lieu de Stockage soit impérativement au sec et à l’abris de la pluie. Une entrée de grotte est idéal pour cet usage. Mais il y a de nombreuse grottes dans le Quercy. Celle ci à la particularité de se nommer la grotte des blés.
  2. Si on quitte Uxellodunum par le Nord cet oppidum est à 16km de celui du Pech Calerie. La route choisie par Google Maps n’est pas forcément la même que celle utilisée par Caninius qui parle de 10 milles à partir d’Uxellodunum soit 14,72km. Cette mesure de 10 milles est arrondie.
  3. Il y a un oppidum en haut de cette grotte. Caninius précise que les Gaulois n’ont pas pris la peine de se positionner sur une hauteur.
  4. Ce camp est au bord d’une rivière.

Depuis ce lieu de Stockage, Drappès et Luctérios vont organiser des convois de ravitaillement de nuit. Pour leur plus grand malheur les Romains vont découvrir le trafic et chargent les pourvoyeurs aux premières lueurs du jour.

Caninius part a la poursuite de Luctérios avec une légion et des auxiliaires Germains. Ils sont surpris que les Gaulois se soient bêtement installés près de la rivière au lieu de se positionner sur la hauteur. Il ne devait pas y avoir de vigiles chez les Gaulois. La surprise est totale. La bataille s’engage. Grâce aux Germains, la victoire sera éclatante, Les Gaulois seront pris ou tués et Drapés sera fait prisonnier. 

Livre VII chapitre 37

37. Caninius, après cette affaire si heureusement menée, sans qu’il eût presque aucun blessé, retourne assiéger les gens d’Uxellodunum et, débarrassé maintenant de l’ennemi extérieur, dont la crainte l’avait jusque-là empêché de disperser ses forces dans des postes et d’investir complètement la place, il ordonne qu’on travaille partout à la fortification. Caïus Fabius arrive le lendemain avec ses troupes, et se charge d’un secteur d’investissement. 

Voici les informations de ce chapitre qui définnissent Uxellodunum.

Ceci confirme que les troupes de Luctérios étaient nombreuses puisque désormais Caninius n’a plus besoin de disperser ses forces contre une attaque extérieure.

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