Préambule:

La bataille d’Avaricum est une grande victoire Romaine. La supériorité technologique et l’art de la guerre ont fait la différence. Bizarrement c’est après cette défaite Gauloise que Vercingétorix va renforcer sa réputation de chef de guerre. Les Bituriges n’avaient pas voulu sacrifier la ville d’Avaricum en la brulant comme Vercingétorix l’avait suggéré.

  Après la défaite, les Bituriges  ont admis que de tout bruler aurait été la meilleure solution, cette tactique aurait fini par affamer les Romains jusqu’à ce qu’ils quittent la Gaule. La bataille a eu lieu parce que Les Bituriges ont voulu défendre Avaricum contre l’avis de Vercingétorix qui voulait l’incendier avant l’arrivée des Romains.

La bataille d’Avaricum

Arrivée sur Avaricum

16. Vercingétorix suit César à petites étapes et choisit pour son camp une position couverte par des marécages et des bois, à seize mille pas d’Avaricum. Là, un service régulier de liaison lui permettait de connaître heure par heure les péripéties du siège et de transmettre ses ordres. Il guettait nos détachements qui allaient chercher du fourrage et du blé, et si, poussés par la nécessité, ils s’avançaient un peu trop loin, il les attaquait et leur causait des pertes sérieuses, bien qu’il prissent toutes les précautions possibles, ne sortant pas à intervalles réguliers ni par les mêmes chemins.

C’est la disette chez les Romains

17. César campa devant la ville du côté où les cours d’eau et les marais laissaient, comme nous l’avons dit, un étroit passage, et il entreprit de construire une terrasse, de faire avancer des mantelets, d’élever deux tours ; car la nature du terrain interdisait la circonvallation. Pour le blé, il harcèle de demandes les Boïens et les Héduens ; ceux ci, manquant de zèle, n’apportaient qu’une aide médiocre; ceux-là manquaient de moyens, car ils ne formaient qu’un petit État de faibles ressources et ils eurent tôt fait d’épuiser ce qu’ils possédaient. L’armée souffrait d’une grande disette, à cause de la pauvreté des Boïens, de la mauvaise volonté des Héduens, et parce qu’on avait mis le feu aux granges : ce fut au point que pendant de longs jours les soldats manquèrent de pain, et n’échappèrent aux horreurs de la famine que grâce à quelque bétail qu’on amena de lointains villages ; pourtant, dans cette situation, on ne leur entendit pas proférer une parole qui fût indigne de la majesté du peuple Romain et de leurs précédentes victoires. Bien plus, comme César, visitant les travaux, adressait la parole à chaque légion et disait que si les privations leur étaient trop pénibles, il renoncerait au siège, ce fut un cri unanime pour le prier de n’en rien faire: «Ils avaient pendant de longues années servi sous ses ordres sans subir aucun affront, sans jamais s’en aller en laissant inachevé ce qu’ils avaient entrepris : ils considéreraient comme un déshonneur d’abandonner le siège commencé ; ils aimaient mieux tout souffrir plutôt que de ne pas venger les citoyens romains qui, à Cénabum, avaient été victimes de la perfidie des Gaulois. » Ils exprimaient aux centurions et aux tribuns les mêmes sentiments, afin que César en fût informé par eux.

Vercingétorix tente une embuscade

18. Déjà les tours étaient proches du rempart, quand César apprit par des prisonniers que Vercingétorix, n’ayant plus de fourrage, avait rapproché son camp d’Avaricum, qu’il avait pris en personne, le commandement de la cavalerie et de l’infanterie légère exercée à combattre parmi les cavaliers, et était parti pour dresser une embuscade à l’endroit où il pensait que les nôtres viendraient fourrager le lendemain. A cette nouvelle, César partit au milieu de la nuit en silence et parvint le matin au camp des ennemis. Mais leurs éclaireurs les avaient rapidement avertis de son approche : ils cachèrent leurs chariots et leurs bagages dans l’épaisseur des forêts, et rangèrent toutes leurs troupes sur un lieu élevé et découverte. Quand César l’apprit, il fit promptement rassembler les bagages et prendre la tenue de combat.

Recommandations de César

19. La position de l’ennemi était une colline qui s’élevait en pente douce. Elle était entourée presque de toutes parts d’un marais difficile à traverser et plein d’obstacles, dont la largeur n’excédait pas cinquante pieds. Les Gaulois avaient coupé les passages et, confiants dans la force de leur position, ne bougeaient pas de leur colline ; rangés par cités, ils occupaient solidement tous les gués et tous les fourrés de ce marais, prêts, au cas où les Romains essaieraient de le franchir, à profiter de leur embarras pour fondre sur eux du haut de leur colline : qui ne voyait que la proximité des deux armées croyait les Gaulois disposés à engager le combat à armes à peu près égales ; mais pour qui se rendait compte de l’inégalité des positions, leur contenance apparaissait comme une vaine parade. Les soldats s’indignaient que l’ennemi pût, à une si courte distance, soutenir leur vue, et ils réclamaient le signal du combat ; mais César leur explique ce que coûtera, nécessairement, la victoire, combien de braves il y faudra sacrifier ; devant tant de résolution, quand ils acceptent tous les dangers pour sa gloire, il mériterait d’être taxé de monstrueux égoïsme, si leur vie ne lui était plus précieuse que la sienne propre. Ayant calmé les soldats par ces paroles, il les ramène au camp le jour même, et prend les dernières mesures pour l’assaut de la place.

Conflits chez les Gaulois

20. Vercingétorix, de retour auprès des siens, se vit accuser de trahison : « Il avait porté son camp plus près des Romains, il était parti avec toute la cavalerie, il avait laissé des forces si importantes sans leur donner de commandant en chef, enfin les Romains, après son départ, étaient arrivés bien a propos et bien vite ; tout cela n’avait pu se produire par l’effet du hasard et sans être voulu ; il aimait mieux régner sur la Gaule par concession de César que de leur en être redevable. » A de telles accusations, il répondit en ces termes : « Il avait déplacé le camp : c’était parce que le fourrage manquait, et eux-mêmes y avaient poussé. Il s’était rapproché des Romains : il y avait été déterminé par les avantages de la position, qui se défendait d’elle-même, sans qu’on eût à la fortifier. La cavalerie, il n’y avait pas eu lieu, sur un terrain marécageux, d’en regretter les services, et elle avait été utile là où il l’avait menée. Le commandement en chef, c’était à dessein qu’il ne l’avait confié à personne, par crainte que le chef désigné, cédant aux désirs de la multitude, ne livrât bataille, ce qui, il le voyait bien, était le vœu de tous, à cause de leur manque d’énergie, parce qu’ils étaient incapables d’endurer la fatigue un peu longtemps. Si l’intervention des Romains est due au hasard, il faut en remercier la Fortune ; si elle est due à quelque indicateur, c’est à lui qu’il faut rendre grâce car ils ont pu, de leur position dominante, juger du petit nombre et de la pitoyable valeur de ces soldats qui n’ont pas osé combattre et, honteusement, ont regagné leur camp. Il n’a pas besoin de recevoir de César, en trahissant, une autorité que peut lui donner la victoire, désormais assurée pour lui et pour tous les Gaulois ; et d’ailleurs, ce pouvoir, il le remet entre leurs mains, s’ils croient lui faire plus d’honneur qu’il ne leur apporte de chances de salut. Pour vous rendre compte, ajoute-t-il, que je dis vrai, écoutez ce que vont vous dire des soldats romains. » Il fait comparaître des esclaves qu’il avait pris peu de jours avant tandis qu’ils faisaient du fourrage et qu’il avait soumis à la torture de la faim et des chaînes. On leur avait, au préalable, fait la leçon, ils savaient ce qu’ils devaient dire quand ils seraient interrogés : ils déclarent qu’ils sont des soldats légionnaires, que la faim, la détresse les ont poussés à quitter le camp en secret, pour tâcher de trouver dans les champs un peu de blé ou de bétail : « Toute l’armée est dans la même détresse, chacun est à bout de forces, on ne peut plus supporter la fatigue des travaux ; aussi le général a-t-il décidé de lever le siège dans trois jours, si l’on n’a pas obtenu de résultat ». – « Voilà, dit alors Vercingétorix, ce que vous devez à l’homme que vous accusez de trahison : grâce à moi, sans qu’il vous en ait coûté une goutte de sang, vous voyez une grande armée victorieuse anéantie par la famine ; et le jour où, honteusement, elle fuira et cherchera un asile, j’ai pris mes dispositions pour qu’aucun peuple ne l’accueille sur son territoire. »

Vercingétorix harangue la foule

21. La foule entière pousse des clameurs et agite bruyamment ses armes, ce qui est leur façon de faire quand ils approuvent un orateur : « Vercingétorix est un grand chef, sa loyauté est au- dessus de tout soupçon, il est impossible de conduire la guerre avec plus d’habileté. » On décide d’envoyer dans la place dix mille hommes choisis dans toute l’armée, estimant qu’il ne faut pas laisser aux seuls Bituriges le soin du salut commun on se rendait compte, en effet, que, s’ils conservaient la ville, ce serait à eux qu’appartiendrait la victoire décisive.

César décrit l’habileté du peuple Gaulois

22. A l’exceptionnelle valeur de nos soldats les Gaulois opposaient toutes sortes de moyens : c’est une race d’une extrême ingéniosité et ils ont de singulières aptitudes à imiter et à exécuter ce qu’ils voient faire par d’autres. A l’aide de lacets, ils détournaient les coups de nos faux, et quand ils les avaient bien serrées dans leurs nœuds, ils les tiraient avec des machines à l’intérieur des remparts ; ils faisaient écrouler notre terrassement en creusant des sapes, d’autant plus savants dans cet art qu’il y a chez eux de grandes mines de fer et qu’ils connaissent et emploient tous les genres de galeries souterraines. Ils avaient garni toute l’étendue de leurs murailles de tours reliées par un plancher et protégées par des peaux. De plus, faisant souvent, de jour et de nuit, des sorties, ou bien ils mettaient le feu à notre terrasse, ou bien ils attaquaient nos soldats en train de travailler ; à mesure que l’avance quotidienne de nos travaux augmentait la hauteur de nos tours, ils haussaient les leurs à proportion en reliant entre eux les poteaux verticaux qui en constituaient l’ossature ; ils entravaient l’achèvement de nos galeries en lançant dans les parties encore découvertes des pièces de bois taillées en pointe et durcies au feu, de la poix bouillante, des pierres énormes, et nous interdisaient ainsi de les prolonger jusqu’au pied des murs.

César décrit les murs Gaulois

23) Tous les murs gaulois sont faits, en général, de la manière suivante. On pose sur le sol, sans interruption sur toute la longueur du mur, des poutres perpendiculaires à sa direction et séparées par des intervalles égaux de deux pieds. On les relie les unes aux autres dans la fondation, et on les recouvre d’une grande quantité de terre; le parement est formé de grosses pierres encastrées dans les intervalles dont nous venons de parler. Ce premier rang solidement établi, on élève par dessus un deuxième rang semblable, en conservant le même intervalle de deux pieds entre les poutres, sans que cependant pour cela elles touchent celles du rang inférieur ; mais elles en sont séparées par un espace de deux pieds aussi, et chaque poutre est ainsi isolée de ses voisines par une pierre, ce qui la fixe solidement. On continue toujours de même jusqu’à ce que le mur ait atteint la hauteur voulue. Ce genre d’ouvrage offre un aspect varié qui n’est pas désagréable à l’œil, avec son alternance de poutres et de pierres, celles-ci n’en formant pas moins des lignes continues qui se coupent à angle droit; il est, de plus, très pratique et parfaitement adapté à la défense des villes, car la pierre le défend du feu et le bois des ravages du bélier, celui-ci ne pouvant ni briser, ni disjoindre une charpente où les pièces qui forment liaison à l’intérieur ont en général quarante pieds d’un seul tenant.

Les Romains construisent une terrasse

24. Tout cela mettait obstacle au siège ; les soldats étaient, en outre, retardés dans leurs travaux par un froid opiniâtre et des pluies continuelles ; ils surent néanmoins, en travaillant sans relâche, venir à bout de toutes ces difficultés, et en vingt-cinq jours ils construisirent une terrasse qui avait trois cents trente pieds (100m) de large et quatre-vingts pieds (27m) de haut. Elle touchait presque le rempart ennemi, et César, qui selon son habitude passait la nuit sur le chantier, exhortait ses soldats à ne pas perdre un instant, quand peu avant la troisième veille on remarqua qu’une fumée s’élevait de la terrasse ; l’ennemi y avait mis le feu par une mine. Au même moment, tout le long du rempart une clameur s’élevait, et les ennemis faisaient une sortie par deux portes, de chaque côté des tours. D’autres jetaient du haut du mur sur la terrasse des torches et du bois sec, ils versaient de la poix et tout ce qui était de nature à activer l’incendie il était difficile, dans ces conditions, de régler la défense, de décider où il fallait d’abord se porter et à quel danger il fallait parer. Pourtant, comme, par ordre de César, deux légions veillaient toujours devant le camp, et que des forces plus considérables travaillaient au chantier en se relayant, la défense s’organisa vite les uns tenaient tête aux ennemis qui débouchaient des portes, les autres ramenaient les tours en arrière et faisaient une tranchée dans le terrassement, tandis que tout ce qui était au camp accourait pour éteindre le feu.

César loue le courage et l’abnégation desGaulois

25. Le reste de la nuit s’était écoulé et on combattait encore sur tous les points ; l’espoir de vaincre se ranimait sans cesse chez l’ennemi, d’autant plus qu’il voyait les mantelets des tours consumés par le feu, qu’il se rendait compte de la difficulté qu’éprouvaient les nôtres pour venir, à découvert, au secours de leurs camarades, et que sans cesse, de leur côté, des troupes fraîches remplaçaient les troupes fatiguées ; tout le sort de la Gaule leur paraissait dépendre de cet instant. Il se produisit alors à nos regards quelque chose qui nous parut digne de mémoire, et que nous n’avons pas cru devoir passer sous silence. Il y avait devant une porte un Gaulois qui jetait vers la tour en feu des boules de suif et de poix qu’on lui passait de main en main ; un trait parti d’un scorpion, lui perça le côté droit et il tomba sans connaissance. Un de ses voisins, enjambant son corps, le remplaça dans sa besogne ; il tomba de même, frappé à son tour par le scorpion ; un troisième lui succéda, et au troisième un quatrième ; et le poste ne cessa d’être occupé par des combattants jusqu’au moment où, l’incendie ayant été éteint et les ennemis repoussés sur tout le front de bataille, le combat prit fin.

Les Gaulois quittent la ville

26. Ayant tout essayé, et toujours sans succès, les Gaulois, le lendemain, décidèrent d’abandonner la ville : Vercingétorix les y exhortait, le leur ordonnait. En tâchant d’effectuer cette opération dans le silence de la nuit, ils espéraient y réussir sans trop de pertes, parce que le camp de Vercingétorix n’était pas loin de la place, et que le marécage qui formait entre celle-ci et les Romains une ligne continue retarderait la poursuite. Ils faisaient déjà leurs préparatifs, la nuit venue, quand soudain les mères de famille accoururent sur les places et se jetant, en larmes, à leurs pieds, les supplièrent de mille façons de ne pas les livrer à la cruauté de l’ennemi, elles et leur commune progéniture, à qui la faiblesse du sexe ou de l’âge ne permettait pas la fuite. Quand elles les virent inflexibles – en général, dans les cas de péril extrême, l’âme en proie à la peur reste inaccessible à la pitié – elles se mirent à crier toutes ensemble et à signaler aux Romains le projet de fuite. Alors les Gaulois, craignant que la cavalerie romaine ne leur coupât la route, renoncèrent à leur dessein.

L’assaut final

27. Le lendemain César fit avancer une tour et redresser les terrassements qu’il avait entrepris ; là-dessus il se mit à pleuvoir abondamment, et ce temps lui parut favorable pour décider l’attaque, car il apercevait quelque relâchement dans la garde du rempart ; il dit à ses soldats de ralentir leur travail, et leur fit connaître ce qu’il attendait d’eux. Il réunit secrètement les légions, en tenue de combat, en deçà des baraques, et les exhorta à cueillir enfin après tant de fatigues le fruit de la victoire ; il promit des récompenses pour ceux qui auraient les premiers escaladé le rempart, et donna le signal de l’assaut. Ils bondirent soudain de toutes parts et eurent vite fait de garnir la muraille.

Massacre des habitants d’Avaricum

28. Les ennemis, effrayés par ce coup inattendu, furent chassés du mur et des tours ; ils se reformèrent sur le forum et sur les places, résolus à faire front du côté où viendrait l’attaque et à livrer une bataille rangée. Mais quand ils virent qu’au lieu de descendre lutter de plain-pied nos soldats les enveloppaient en occupant toute la muraille, ils craignirent de se voir ôter toute chance de retraite et, jetant leurs armes, ils gagnèrent d’un seul élan l’extrémité de la ville ; là, comme ils se pressaient devant l’étroite issue des portes, nos fantassins les massacrèrent, tandis que ceux qui étaient déjà sortis tombaient sous les coups de nos cavaliers. Personne ne pensa au butin ; excités par le souvenir du carnage de Cénabum et par les fatigues du siège, ils n’épargnèrent ni les vieillards, ni les femmes, ni les enfants. Bref, d’un ensemble d’environ quarante mille hommes, à peine huit cents, qui s’enfuirent hors de la ville aux premiers cris, arrivèrent sains et saufs auprès de Vercingétorix. Celui-ci, craignant que leur arrivée tumultueuse et l’émotion que leur vue provoquerait dans une foule impressionnable ne fussent cause d’une émeute, les reçut en pleine nuit et silencieusement, ayant pris soin de disposer sur la route, à bonne distance du camp, ses compagnons d’armes et les chefs des cités, qui avaient mission de les trier et de conduire chaque groupe vers les divers quartiers assignés au début de la campagne à chaque peuple.

Discours de Vercingétorix à ses troupes

29. Le lendemain ayant convoqué le conseil, il apporta aux siens consolations et encouragements, les invitant à ne pas se laisser abattre ni bouleverser pour un revers : « Ce n’est point par leur valeur et en bataille rangée que les Romains ont triomphé, mais grâce à une technique, à un art des sièges qui ont surpris l’ignorance des Gaulois. On se trompe, si l’on s’attend, dans la guerre, à n’avoir que des succès. Pour lui, il n’a jamais été d’avis de défendre Avaricum, eux-mêmes en sont témoins ; le malheur est dû au manque de sagesse des Bituriges et à l’excessive complaisance des autres. N’importe, il aura vite fait de le réparer par de plus importants succès. Les peuples gaulois qui se tiennent encore à l’écart entreront, par ses soins, dans l’alliance, et il fera de toute la Gaule un faisceau de volontés communes auquel le monde entier même sera incapable de résister ; ce résultat, il l’a déjà presque atteint. En attendant, il est juste qu’ils veuillent bien, pour le salut de tous, se mettre à fortifier le camp, afin d’être mieux à même de résister aux attaques soudaines de l’ennemi. »

Vercingétorix a regagné la confiance de ses troupes

30. Ce discours ne déplut pas aux Gaulois : on lui savait gré surtout de n’avoir pas perdu courage après un coup si rude, de ne s’être point caché ni dérobé aux regards : on lui reconnaissait des dons supérieurs de discernement et de prévision, parce qu’il avait été d’avis, alors que la situation était entière, d’abord d’incendier Avaricum, puis de l’abandonner. Aussi, tandis que les autres chefs voient les revers diminuer leur autorité, lui, au contraire, après un échec, grandissait de jour en jours. En même temps, ses assurances faisaient naître l’espoir que les autres cités entreraient dans l’alliance ; les Gaulois se mirent alors, pour la première fois, à fortifier leur camp le choc avait été si rude que ces hommes qui n’étaient pas habitués au travail pensaient devoir se soumettre à tout ce qu’on leur commandait.

Aux chapitres suivants 31,32 & 33 , César va être sollicité pour arbitrer une réunion chez ses Alliés Eduens. C’est lui qui va choisir le lieu de la réunion. Il aurait pu choisir de la faire sur la rive droite de la confluence des deux fleuves s’il avait du repartir sur Gergovie près de Clermont Ferrand. Il conduira ses dix légions à 40 km à l’Est du bec d’Allier à Décize parce que cette ville est sur sa route vers Gergovie sur le Lauer.

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