Suivant =>

Approvisionnement de l’armée Romaine devant Gergovie

Une armée en territoire ennemi ne peut pas compter sur la population des alentours pour se nourrir (Avaricum). En effet devant l’avancée des légions Romaines, les Gaulois ont du se réfugier sur l’oppidum avec femmes, enfants, vieillards, animaux, provisions et fourrage pour supporter le siège à venir.

Wikipédia

L’intendance militaire de l’empire romain est constituée par l’ensemble des moyens et personnels affectés, au sein des Forces armées, au soutien et à l’appui logistique des forces combattantes destinés à assurer leur approvisionnement et à gérer les stocks de fournitures et « subsistances » militaires (effets militaires, vivres, munitions, etc.). Elle constitue l’une des branches de la logistique militaire au même titre que les unités de transports chargées de la livraison de ces fournitures ou les ateliers de maintenance et de réparation.

Au maximum de sa puissance soit au premier siècle av. J.-C., l’armée romaine dispose d’une administration remarquable qui contribue, dans une large mesure, à faire de cette armée un formidable instrument de guerre.

Texte de César

Livre VII 36. César parvint à Gergovie en quatre étapes ; ayant livré le jour de son arrivée un petit combat de cavalerie, et ayant reconnu la place, qui était sur une montagne fort haute et d’accès partout difficile, il désespéra de l’enlever de force ; quant à un siège, il décida de n’y songer qu’après avoir pourvu aux subsistances.

Sur la route vers Gergovie

Donc en précédant l’armée Romaine sur sa route entre Décize et Gergovie, Vercingétorix n’a pas pratiqué la politique de la terre brulée. Le parcours le long du Lauer est à 90% chez les Ségusiaves clients des Eduens. Il sait que deux clans antagonistes se sont formés chez Eux. Donc en cas de nécessité, ce n’est certainement pas le moment de tous se les mettre tous à dos.

 

Panique chez les Gaulois

Les Romains traversent le Lauer, ils sont maintenant chez les Arvernes devant les 10% du trajet qu’il lui reste à parcourir. Vercingétorix le précède sur Gergovie dès qu’il apprend que les Romains ont traversés le fleuve. Avertis par leur chef du danger imminent, les Arvernes locaux ont certainement récupérer en urgence nourriture, animaux de trait et de viande, fourrage ainsi que femmes, enfant et vieillard pour se réfugier sur l’oppidum. Tous les peuples réagissent ainsi.  Il est indispensable de ne rien laisser à l’ennemi et se prévenir de la faim pour supporter un siège qui va être long. D’ailleurs l’oppidum est là pour les protéger dans ce cas d’urgence.

 

 Pas d’inquiétude pour l’intendance chez les Romains

L’armée Romaine est devant une situation qui de loin semblerait être critique. Pas de nourriture ni de fourrage pour faire vivre son armée.  Les Gaulois ont tout rapatriés sur l’oppidum. Mais ce problème n’a pas l’air de faire paniquer César  comme pendant la campagne d’Avaricum. Il va organiser l’approvisionnement des 40 000 hommes de sa troupe avant de songer au siège de la ville.

 

Quels sont les besoins en vivre pour une armée de 6 légions?

40 000 hommes ont accompagnés César devant Gergovie. Un kilo de nourriture est indispensable pour le quotidien de chacun de ses légionnaires. La multiplication est simple, c’est 40 000 kilo soit 40 tonnes de nourriture indispensable quotidiennement pour cette armé en territoire ennemi. Le siège a duré un bon mois. 1200 tonnes sont consommées par les Romains. On ne compte pas le poids du fourrage indispensable aux animaux. 

 

Le même problème chez les Gaulois

Les Gaulois au moins aussi nombreux sur l’oppidum ont les mêmes besoins. Jamais César n’a laissé entendre qu’ils aient souffert de la faim. Ils ont donc stockés suffisamment de nourriture pour soutenir ce siège. La région devait être devenue désertique autour de Gergovie à St Maurice de Lignon. Ceci laisse supposer que les Romains ont:

– Soit transporter depuis Décize, puis stocker 120 tonnes de nourriture avec eux sans compter le fourrage des animaux. IMPENSABLE

– Soit ils se sont organisés pour s’approvisionner par des convois qui au quotidien alimentaient le camp Romain.

St Maurice de Lignon est à une journée à cheval de Vienne et à 20 km de la frontière avec les Helviens .  Ceux ci sont alliés de Rome et ont pu aider l’armée de César à gérer l’intendance. Ces fameux silos de St Romain d’Ay sont à 60 km de notre Gergovie. Par un roulement de navettes entre des petits camps intermédiaire, il est parfaitement possible de subvenir aux besoins des légionnaires. C‘est certainement ce que veux dire César quand il écrit « songer au siège qu’après avoir pourvu aux subsistances. » 

56 km entre St Romain d’Ay et le camp de César.

(Hypothèse)

Il sera très facile d’approvisionner ces 6 légions à partir de ce village des Helviens en suivant la même route que César a prise quand il a traversé les Cévennes en plein hiver dès son entrée en Gaule. C’est la plus courte mais elle doit être sécurisée. Donc une seule voie est utilisée pour ne pas disperser des troupes alors que le gros des forces doit être concentré sur Gergovie.

On ne dispose d’aucune autre info sur la description des silos de césar découverts à St Romain d’Ay. Alors voici un autre exemple de silo à grains. (clic sur image)

Les silos de St Martin d’Ay pourraient conforter ce choix stratégique. Un service de navettes de mulets et de chars à bœufs peut alimenter les six légions de césar. Des petits camps intermédiaires sont indispensable pour ce service. (ou clic sur image)

Mesure du kilométrage de la route ente St Romain d’Ay et le grand camp de César. St Bonnet le froid est le point culminant de cette route que César a déjà emprunté lors de sa première expédition dans les Cévennes.  (clic sur image)

Silos de stockage

Du coté de St Romain d’Ay dans la vallée du Rhône, des éléments archéologiques ont été mis à jour. Ce sont des silos de stockage de nourriture datant de cette époque dont personne n’a compris leurs intérêts vu que Gergovie  était censé être à Clermont Ferrand. Ils sont en territoire Helviens à 60 km de Gergovie St Maurice de Lignon et ils nous permettent d’envisager comment est ce que César et ses 6 légions se sont approvisionnés. Partant de ce point de base César a pu organiser des convois pour l’intendance de ses troupes pendant le siège de l’oppidum. Quand César dit « quant à un siège, il décida de n’y songer qu’après avoir pourvu aux subsistances. » C’est sans doute de cette organisation de convois de nourriture et de fourrage qu’il parle.

 

Album du Vivarais (Helviens)

Annonay: Extrait de l’Album du Vivarais, Albert Dubois, 1842.

Extrait concernant les silos

“Quelques savants d’Annonay ont prétendu faire remonter l’origine de cette ville jusqu’à Jules-César. Suivant eux, ce conquérant des Gaules l’avait choisie pour lieu d’entrepôt de ses vivres. De là, le nom d’Annona, Annonay.

Cette induction, fondée seulement sur une étymologie, peut paraître un peu hasardée à quiconque s’est occupé de critique historique. On ne supplée pas au silence des écrivains contemporains avec des conjectures.

On a trouvé des antiquités à Désaignes, à Mauves, à Tournon, à Saint-Jean-de Mussol, à la montagne du Châtelet près de Champagne. On a découvert les restes d’un silo romain sur les bords de l’Ay, près de l’habitation de M. le marquis de Mascla. Or, de ce que les conquérants des Gaules ont laissé des traces de leur passage sur plusieurs points du haut Vivarais, tandis que l’ou n’a jamais pu en trouver le moindre vestige à Annonay, que devra t on conclure ? Qu’ils n’ont jamais occupé l’emplacement de cette ville ? La logique ordinaire répondrait ainsi; mais celle des érudits est d’une nature particulière, et on les entendra soutenir que les Romains ont dû aussi avoir un établissement dans Annonay, parce que cette ville est admirablement située sur la Canse et la Deôme. Quel puissant raisonnement !

Clic sur image pour le doc en entier

 Ce problème d’intendance n’est pas abordé à Merdogne

On a rien vu ni lu le concernant. Si vous avez des infos merci de les joindre avec les commentaires de la page.

Print Friendly, PDF & Email